Stellantis – Douvrin : des années de mensonges22/07/20262026Journal/medias/journalnumero/images/2026/07/une_3025-c.jpg.445x577_q85_box-16%2C0%2C1287%2C1649_crop_detail.jpg2026-07-22

Dans les entreprises

Stellantis – Douvrin : des années de mensonges

Stellantis vient d’annoncer le coup de sifflet final pour arrêter la production de moteurs et de pièces à Douvrin (ex-Française de Mécanique) dans le Pas-de-Calais.

Toutes les activités s’arrêteront définitivement fin octobre et d’ici-là, baisseront en fonction des départs. Il reste actuellement environ 150 salariés en CDI, une cinquantaine d’intérimaires et des dizaines de sous-traitants en nettoyage, gardiennage et maintenance industrielle.

Il y a cinq ans, il y avait encore plus de 1 500 salariés sans compter les sous-traitants. La transition énergétique était paraît-il inéluctable, et tout le monde devait prendre le train en marche pour fabriquer, à l’avenir, des batteries chez ACC, avec son site construit juste à côté de l’usine, sur d’anciens terrains de la Française de Mécanique, à Billy-Berclau.

Mais en réalité seuls 300 salariés environ de Stellantis Douvrin y ont été embauchés, un grand nombre essuyant refus sur refus. La plupart des salariés ont dû retrouver un emploi eux-mêmes, ou ont pris un congé seniors indemnisé seulement à 70 %. D’autres ont pris l’option « congé mobilité », qui leur permet d’être payés pendant un an, mais sans garantie d’emploi derrière.

Tout en touchant des centaines de millions d’euros de subventions de l’État et des collectivités régionales ou locales, au nom de la transition énergétique, le groupe en a profité pour transférer les moteurs à essence en Pologne ou en Hongrie, pour y exploiter encore plus les travailleurs.

Les politiciens locaux de tout bord, de la gauche à la droite et au RN, ont voté pour arroser Stellantis de dizaines de millions d’euros, alors que le groupe faisait des dizaines de milliards de bénéfices et avait prévu de fermer l’usine.

Durant cinq ans, la direction n’a pas cessé de mentir aux salariés pour cacher la fermeture du site qu’elle avait programmée. Pour réussir à fermer Douvrin, Stellantis fait même crever au boulot les salariés de Tremery en Lorraine, où est fabriqué le même moteur diesel DVR, sept jours sur sept, nuit et jour, et en prenant même sur les congés ! Les heures supplémentaires obligatoires y sont monnaie courante.

Quant aux travailleurs de Douvrin, ils éprouvent un sentiment de dégoût et de colère en voyant Stellantis fermer une entreprise qui réunissait plus de 6 000 salariés dans les années 2000. Ceux qui se sont mobilisés contre la fermeture à plusieurs reprises, se rappelleront aussi qu’ils se sont défendus et ont décidé à chaque fois démocratiquement de leurs actions et de leurs revendications face au patron et à la direction de Stellantis.

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