Stellantis – Mulhouse : trois chauffeurs morts en dix-huit mois 21/10/2026 2026 Journal /medias/journalnumero/images/2026/10/une_3038-c.jpg.445x577_q85_box-0%2C0%2C1271%2C1649_crop_detail.jpg 2026-10-21

Dans les entreprises

Stellantis – Mulhouse : trois chauffeurs morts en dix-huit mois

En un an et demi, trois chauffeurs routiers travaillant pour des transporteurs sous-traitants de Stellantis sont morts sur le site de Mulhouse.

Le dernier était polonais, celui d’avant espagnol et le premier tchèque. Trois morts parmi les chauffeurs qui, tous les jours, apportent les pièces à l’usine ou emportent les voitures.

Depuis des années, les patrons de l’automobile ont fait la chasse aux stocks. Garder des pièces dans des entrepôts, ça coûte de l’argent. Alors ils ont décidé de les faire venir au dernier moment, parfois de l’autre bout de l’Europe. Les stocks ne sont plus dans les usines, ils sont dans les camions, sur les routes. Et si un camion arrive en retard, c’est toute une chaîne qui peut s’arrêter.

Pour payer le transport le moins cher possible, les constructeurs font jouer la concurrence entre les transporteurs. Beaucoup de chauffeurs viennent des pays de l’Est, et de plus en plus du Maroc. Les patrons profitent des bas salaires de certains pays. Et ce sont les chauffeurs qui doivent avaler les kilomètres, tenir les délais et subir la pression pour livrer à l’heure.

Pendant le Covid, on a pourtant vu ce que donnait cette organisation. Il suffisait qu’une usine de pièces ferme ou qu’un transport soit bloqué pour que des milliers d’ouvriers se retrouvent sans travail. Mais les patrons ont continué à faire la chasse aux stocks, à réduire les coûts et à faire pression sur les travailleurs. Pendant ce temps, les profits se sont accumulés : Stellantis a réalisé plus de 55 milliards d’euros de bénéfices entre 2021 et 2024, et ses actionnaires ont encaissé des milliards de dividendes.

Pour fabriquer une voiture, il faut des milliers de travailleurs. Ceux qui fabriquent les pièces, ceux qui les transportent et ceux qui les montent sur les chaînes. Tous participent à la même production. Mais les patrons les séparent entre entreprises, pays et contrats différents, et les mettent en concurrence pour payer toujours moins. Ce sont les grands groupes et leurs actionnaires qui décident de toute cette organisation, avec une seule idée en tête : faire le maximum de profits. Les travailleurs, eux, en supportent la fatigue, les pressions et les risques.

Pour les travailleurs, en finir avec cette organisation capitaliste où tout passe après les profits des actionnaires est une nécessité vitale.

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