Stellantis – Sochaux : la com’ ne remplace pas les emplois28/01/20262026Journal/medias/journalnumero/images/2026/01/une_3000-c.jpg.445x577_q85_box-0%2C7%2C1265%2C1644_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

Stellantis – Sochaux : la com’ ne remplace pas les emplois

Vendredi 23 janvier, sur France Inter, une émission en direct depuis le site de Sochaux faisait état de sa transformation, depuis 2022, avec la finalisation du nouvel atelier peinture, qui devrait être opérationnel en octobre.

Pendant une heure, l’émission présentait l’entreprise à son avantage, avec des intervenants consensuels, faisant état du virage de l’électrique, et présentant l’usine comme propre et responsable, soucieuse de l’environnement.

À aucun moment il n’a été évoqué la suppression des transports collectifs, en 2019, qui amenaient les ouvriers au travail. Les travailleurs doivent dorénavant venir par leurs propres moyens, parfois de 60 kilomètres à la ronde. La suppression des bus a aussi facilité la mise en place de la flexibilité de la journée de travail, avec la GJP. Cette « garantie journalière de production » permet à la direction de faire rattraper en fin de séance les pannes de la journée, par secteur voire par équipe.

La multiplication des samedis travaillés pour les salariés en horaires décalés et des dimanches pour les salariés de nuit leur pourrit la vie. Ces journées de « récupération » sont censées rattraper les séances de chômage de la semaine, liées aux manques dans l’approvisionnement des pièces, résultat de la politique du zéro stock.

Le reportage n’évoquait surtout pas la baisse drastique des effectifs, divisés par deux en dix ans et passés de 10 928 embauchés en CDI à Sochaux-Belchamp en 2015, à 5 480 aujourd’hui, avec, en supplément, plus de 1 000 intérimaires sur les chaînes de montage.

Cette baisse des effectifs est constante et va continuer, avec notamment le nouvel atelier peinture, dont les chiffres réclamés depuis plus d’un an par les organisations syndicales ne sont toujours pas dévoilés, et gardés bien secrets.

La direction s’est aussi vantée d’avoir fait des millions d’investissements mais n’a pas évoqué les millions d’euros qui ont été distribués généreusement par la région et par l’agglomération du pays de Montbéliard lors de l’installation de la nouvelle presse en 2019 et des rachat, dépollution et viabilisation des terrains de l’ancien montage… alors que l’emploi recule et que la pauvreté se développe dans la région.

Pourtant, Stellantis a amassé 54 milliards de profits depuis 2021, des profits historiques jamais réalisés auparavant. Ces profits ont été faits notamment en supprimant massivement des emplois, à Sochaux comme dans tout le groupe, et en aggravant les rythmes de travail.

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