Taxes sur les riches  : exceptionnellement légères25/03/20262026Journal/medias/journalnumero/images/2026/03/une_3008-c.jpg.445x577_q85_box-0%2C7%2C1265%2C1644_crop_detail.jpg

Leur société

Taxes sur les riches  : exceptionnellement légères

« Impôt minimal des plus riches : comment l’État a raté sa cible », titrait le journal Les Échos le 16 mars. Mais pour atteindre une cible, encore faut-il la viser.

Malgré ses proclamations sur la justice fiscale, ce n’est évidemment pas ce qu’a visé le gouvernement. La mise en place de nouvelles formes de taxation exceptionnelles des super-riches et des grandes entreprises dans le budget 2025 avait été présentée comme la preuve que l’État allait demander des efforts à tous, riches et pauvres. Sans surprise, la promesse n’a été tenue que pour les classes populaires, qui ont subi les économies dans les services publics et le blocage des pensions et allocations, et des salaires des employés de l’État.

En ce qui concerne les hauts revenus, une « contribution différentielle », devait garantir que les contribuables les plus riches paieraient au moins 20 % d’impôt sur leurs revenus, ce qui devait rapporter 1,9 milliard d’euros à l’État. En fait, celui-ci n’a perçu à ce titre en 2025 que 369 millions ; car, contrairement aux salariés qui n’ont pas leur mot à dire sur le montant de leur salaire et de leurs impôts, ceux qui vivent de leur capital peuvent jouer sur la date de distribution des dividendes, la répartition entre leurs actifs professionnels et leurs biens personnels, et disposent de nombreuses techniques comptables tout à fait légales qui leur permettent de diminuer leurs revenus déclarés, donc le montant de leurs impôts.

Quant à la surtaxe sur les bénéfices des grandes entreprises, qui concernait les groupes réalisant plus de 1 milliard d’euros de chiffre d’affaires en France, elle n’a rapporté à l’État que 7 milliards en 2025. Ce montant est dérisoire par rapport aux 108 milliards versés aux actionnaires du CAC40. Même LVMH, l’entreprise qui a versé la plus forte contribution, n’a payé que 661 millions au titre de cette taxe, tandis que ses propriétaires, la famille Arnault, possèdent une fortune estimée à 116 milliards d’euros. Des groupes comme TotalEnergies, BNP, Société générale ou encore ArcelorMittal ne l’ont pas payée, sous prétexte que leurs profits viendraient surtout de leur activité à l’étranger ; mais que ces sommes soient réalisées ici ou à l’autre bout du monde ne change rien au fait que ces groupes ont des milliards en caisse et versent de généreux dividendes à leurs actionnaires.

Ces deux taxations ont été reconduites dans le budget 2026. On peut d’ores et déjà parier qu’elles resteront indolores et qu’une nouvelle fois l’État réservera ses flèches aux classes populaires.

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