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Leur société
TotalEnergies : sanglants profits
TotalEnergies a annoncé la relance de son projet gazier géant au Mozambique qui avait été suspendu en 2021. Le trust réclame parallèlement 4,5 milliards de dollars à l’État mozambicain, au titre de compensation pour le retard pris.
Le gisement est situé dans le nord du pays, dans la province de Cabo Delgado. En 2018, la Banque africaine de développement lui attribuait des réserves de 5 000 milliards de mètres cubes de gaz. « Suffisamment pour approvisionner la Grande-Bretagne, la France, l’Allemagne et l’Italie pendant près de 20 ans » estimait-elle. Ce fut la ruée vers le gaz. TotalEnergies mais aussi les compagnies américaine ExxonMobil et italienne Eni mirent en chantier un site où le gaz devait être extrait en mer pour que des usines installées à terre puissent le liquéfier et qu’il soit exporté par navire vers les pays riches. Le pactole découvert sur son sol devait ainsi être volé à la population, comme toutes les richesses minérales et gazières découvertes en Afrique.
Le Mozambique est l’un des dix pays les plus pauvres du monde, le choléra y fait actuellement des ravages et chaque année des cyclones meurtriers détruisent les habitations et les cultures, mais ce sont les profits des magnats du pétrole que le gaz devait alimenter. Les compagnies se soucièrent tout au plus d’arroser les gouvernants en prévoyant de leur reverser une maigre part des bénéfices escomptés, par le biais d’un fonds souverain, officiellement destiné au développement du pays. Il ne pouvait en réalité servir qu’à l’enrichissement des minces couches privilégiées qui gravitent autour du pouvoir.
En 2021, la production fut suspendue à la suite d’attaques djihadistes sur les installations, l’une des calamités que subissent les habitants des villes et des campagnes dans la région Nord. Cette année-là, la ville de Palma, voisine du site, fut visée et 1 350 civils assassinés, dont 330 décapités. TotalEnergies préféra alors abandonner momentanément les installations et les laisser sous la garde d’une unité de l’armée mozambicaine. Baptisée Joint Task Force, celle-ci séquestra dans des conteneurs métalliques et tortura des dizaines de civils pris parmi la foule qui se pressait aux portes, pensant trouver un abri à l’intérieur. Des pêcheurs qui s’approchaient trop près du site furent battus à mort. Tout cela, la compagnie le savait.
Tels sont les faits d’armes de TotalEnergies au Mozambique. Cette compagnie n’en ose pas moins réclamer à l’État mozambicain 4,5 milliards de dollars sous prétexte que son programme a pris un peu de retard et que pendant quatre ans les profits tirés de ce pays, pauvre parmi les pauvres, n’ont pas coulé dans ses coffres-forts ! De tels trusts capitalistes sont des prédateurs sans pitié qui, à la différence des grands fauves, ne sont jamais rassasiés.