Tour Eiffel : colère salutaire 09/09/2026 2026 Journal /medias/journalnumero/images/2026/09/une_3032-c.jpg.445x577_q85_box-0%2C7%2C1265%2C1644_crop_detail.jpg 2026-09-09

Dans les entreprises

Tour Eiffel : colère salutaire

Lundi 7 septembre, la tour Eiffel a fermé pour la journée : les travailleurs du site étaient en grève pour exprimer leur indignation après la décision d’écarter le personnel féminin durant une visite, le samedi précédent.

C’est la visite du monument par une délégation du BAPS, un groupe religieux proche du Premier ministre de l’Inde Modi, suprémaciste hindou et ultranationaliste, qui a entraîné la mise à l’écart des travailleuses. La délégation a en effet demandé une visite « limitant les interactions avec les femmes ». La direction, aux petits soins pour la clientèle, surtout quand il s’agit de dignitaires proches d’un gouvernement « ami de la France » et amateur de ses Rafale, s’est empressée de s’exécuter. Certaines travailleuses ont été priées de quitter leur poste et de se « cacher » dans les locaux de service, d’autres se sont vu refuser l’accès à la cantine. Un chef a accueilli une employée de boutique en lui disant « Tu ne devrais pas être là » !

Du côté des travailleurs, la réaction a été unanime, aussi bien de la part des femmes que des hommes. Agentes et agents de sécurité, des boutiques, de la maintenance ou de l’accueil, toutes et tous ont été scandalisées par cette consigne et la CGT a aussitôt organisé une assemblée générale pour permettre à toutes et tous de cesser le travail et de se réunir sans attendre les cinq jours de préavis exigés en temps normal.

Interpellée, la responsable égalité hommes femmes du site a surtout regardé en l’air et minimisé l’affaire, semblant plus irritée par la réaction des travailleurs que par la consigne qui leur avait été donnée.

Embarrassée, la direction s’est excusée et a promis une enquête. Elle prétend que cette mesure ne vient pas d’elle et parle d’une initiative malheureuse. Les salariés ont repris mardi 8 septembre, contents d’avoir montré par leur grève que l’égalité entre les femmes et les hommes n’est pas une formule creuse pour eux, contrairement à la direction.

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