Ukraine : quelle désescalade ? 09/09/2026 2026 Journal /medias/journalnumero/images/2026/09/une_3032-c.jpg.445x577_q85_box-0%2C7%2C1265%2C1644_crop_detail.jpg 2026-09-09

Dans le monde

Ukraine : quelle désescalade ?

Samedi 5 et dimanche 6 septembre, des envoyés de Trump se sont rendus à Moscou et à Kiev, pour s’entretenir avec Poutine, puis Zelensky.

Ces émissaires devaient discuter des moyens de mettre fin à la guerre, ont déclaré les trois parties, mais sans qu’aucune ne précise la teneur des propositions avancées. Moscou évoque « un certain nombre d’idées » émises par Washington lors d’« une conversation constructive, extrêmement franche et empreinte de confiance ». En clair, rien n’a progressé. Ayant d’abord évoqué une « désescalade cet hiver », Kiev a conclu : « Nous comptons sur le soutien de nos partenaires européens si la guerre se prolonge durant l’hiver, ce qui semble être le cas. » On n’en saura pas plus.

En fait, les élections de mi-mandat aux États- Unis approchent. Or elles se présentent mal pour Trump, qui cherche donc un ou deux succès dont il puisse se targuer. Sur le plan intérieur, du fait notamment de l’inflation, cela semble difficile. Reste sa politique étrangère. Il est englué dans la guerre au Moyen- Orient, incapable de « libérer » le détroit d’Ormuz. Alors, un semblant d’avancée sur le front russo-ukrainien pourrait le tirer d’embarras.

L’impérialisme américain n’est pas mécontent d’avoir, à la faveur de cette guerre, affaibli la Russie, un pays qui a les moyens de ne pas se plier à ses diktats. Mais il ne voudrait pas aller trop loin, car il a besoin de la Russie pour maintenir l’ordre dans l’immense espace ex-soviétique. En outre, apaiser les tensions avec elle redonnerait du souffle aux affaires des grands groupes américains, dans la région. Le conflit perturbe en effet l’exploitation et l’exportation de matières premières, de métaux stratégiques, de productions agricoles…

L’ennui, pour Washington et ses trusts, est que le régime russe et son homologue ukrainien ne sont pas pressés de voir la guerre se terminer.

Certes, son coût pèse chaque jour un peu plus sur chacun des deux pays. Leurs villes sont frappées, leur économie est mise à mal par les bombardements, leur population est lasse d’une guerre qu’elle n’a pas voulue et des sacrifices humains et matériels que ses gouvernants exigent. Et l’on voit, en Ukraine et maintenant en Russie, qu’elle s’oppose, activement parfois, à la chasse à toujours plus de chair à canon pour la boucherie du front.

Mais les cliques au pouvoir, tant à Moscou qu’à Kiev, ont placé leur action sous le signe de la « lutte jusqu’à la victoire » quoi qu’il en coûte. Poutine et Zelensky savent qu’il serait politiquement suicidaire pour eux, en l’état, de soutenir un cessez-le-feu décidé sous l’égide de Washington. Même bien maquillé, il impliquerait des concessions notamment territoriales et aurait donc l’air d’une victoire incomplète, sinon d’une défaite, dont voudraient se servir les rivaux de Poutine ou de Zelensky.

Alors, la sanglante fuite en avant se poursuit. Dirigeants et diplomates peuvent discuter d’une « sortie de conflit », comme ils disent, cela n’y change rien.

Le week-end des 5 et 6 septembre, les habitants des deux capitales y ont gagné, piètre consolation, de ne pas subir de raid aérien : Poutine et Zelensky y avaient suspendu leurs attaques en l’honneur des envoyés de Trump. Ailleurs, les bombardements continuaient et, lundi 7 septembre, ils pouvaient reprendre sur Kiev et Moscou.

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