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Urgences HEH – Lyon : “danger grave et imminent”
Le personnel des Urgences de l’hôpital Édouard Herriot, à Lyon, est en grève reconductible depuis le 5 février pour dénoncer la dégradation des conditions de travail et d’accueil des patients.

Tout concourt à ce que le nombre de patients reçus augmente : les fermetures, totales ou partielles, des services d’urgence dans d’autres hôpitaux, les déserts médicaux et le nombre insuffisant de médecins de ville, la perte de plus de 40 000 lits d’hospitalisation complète en dix ans sur tout le territoire. À cela, sont venus s’ajouter les virus hivernaux et les effets sur l’hôpital de la récente grève des médecins libéraux. Pour faire face, le nombre de soignants, lui, n’augmente pas sous prétexte de ce que la direction appelle « la rationalisation de la prise en charge ».
Depuis deux mois, les Urgences sont à saturation avec près de 300 passages par jour. L’attente avant de voir un premier soignant qui juge de l’urgence dépasse deux heures. Avant d’être examiné par un médecin, il faut compter 8 à 9 heures d’attente. Après cette étape vient la difficile tâche de trouver un lit disponible pour une hospitalisation.
Fréquemment, à la prise de poste du soir, il peut y avoir encore jusqu’à 40 personnes, dont beaucoup de personnes âgées, en attente sur des brancards. Des personnes âgées, avec des fractures du col du fémur, peuvent rester ainsi plus de 24 heures. Les soignants essaient de faire des rotations pour que chaque patient puisse passer un moment dans un lit. Mais une infirmière doit s’occuper de 20 patients à la fois et parfois jusqu’à 50. Sans compter qu’il faut se bagarrer pour avoir suffisamment de draps et couvertures !
Les soignants en viennent à ne plus regarder les patients, à faire la sourde oreille aux sollicitations tant ils ont honte de ne pas pouvoir répondre à leurs attentes et, de fait, de les mettre en danger. Rentrés chez eux, ils sont épuisés physiquement et psychologiquement. Les démissions s’accumulent. Actuellement 20 infirmiers sont en arrêt maladie sur 80 à l’effectif. Les remplacements ne sont pas systématiques.
Malgré des alertes répétées auprès de la direction de l’hôpital rien ne changeait, sinon l’arrivée de quelques renforts venus d’autres services. C’est pourquoi, toutes catégories confondues, les travailleurs des Urgences ont décidé de se battre pour l’embauche de 50 personnes supplémentaires. Ils se sont adressés aux syndicats et s’organisent, en particulier pour refuser les réquisitions systématiques.
La ministre de la Santé, de passage le 6 février dans un autre hôpital des Hospices Civils de Lyon (HCL), a reçu à leur demande une délégation des grévistes. Elle a botté en touche en affirmant que cette situation serait ponctuelle. Pour elle, tout va aller mieux puisque le gouvernement a promis de consacrer 850 millions d’euros à la santé. Nadia Bouhami, brancardière au Groupement hospitalier est (GHE), militante syndicale et tête de liste Lutte ouvrière aux municipales de Villeurbanne, lui a répliqué que ce n’était qu’une goutte d’eau à côté des 200 milliards donnés chaque année au grand patronat et des 6,7 milliards supplémentaires du budget des armées.
Devant ce mépris des dirigeants, les grévistes n’ont d’autre choix que de poursuivre la grève. Pour cela, ils comptent bien entraîner les autres Urgences des HCL.