Valeo et Astemo – Angers : le prétexte de la concurrence25/03/20262026Journal/medias/journalnumero/images/2026/03/une_3008-c.jpg.445x577_q85_box-0%2C7%2C1265%2C1644_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

Valeo et Astemo – Angers : le prétexte de la concurrence

Dans ces deux usines de sous-traitance automobile, pour justifier des augmentations de salaire ridicules (autour de 1 %) alors que les bénéfices sont excellents et les actionnaires gâtés, les directions utilisent un même prétexte : celui de la « concurrence chinoise ».

À l’usine Valeo, où plus d’un millier de salariés fabriquent des phares de voitures, la direction a invité en début d’année tous les travailleurs à partager une galette sur le temps de travail. Elle en a profité pour faire un grand discours vantant les résultats du groupe, allant jusqu’à projeter une vidéo où l’on voyait pleuvoir des billets ! Préparant les négociations salariales, elle a ensuite fait miroiter une « belle prime »... tout en brandissant « le danger de la concurrence chinoise » pour justifier son refus d’une hausse des salaires. Or, parmi les usines qui produisent en Chine la même chose pour moins cher, figure le groupe Valeo lui-même, qui y possède 27 sites où les salaires sont bien loin des niveaux européens.

À l’usine Astemo, où 300 salariés fabriquent des freins de voiture, même chanson. La direction a réuni les travailleurs de chaque équipe et s’est félicitée devant eux du chiffre d’affaires record réalisé en 2025... avant d’agiter l’épouvantail de la « concurrence chinoise » pour expliquer le quasi-gel des salaires. Un reportage a même été réalisé dans l’entreprise pour le journal de 20 heures de TF1, dans lequel différents responsables prétendent vouloir défendre les emplois face à « la déferlante chinoise ». Ce même reportage présente Astemo comme une PME française alors qu’il s’agit d’un trust international basé au Japon, au capital duquel on trouve aussi bien Hitachi que Honda.

En réalité, les patrons n’ont pas d’autre patriotisme que celui de leurs coffres-forts et ne l’invoquent que pour justifier le maintien de bas salaires. Les travailleurs n’ont pas à servir de fantassins dans leurs combats entre vautours, ni en France ni en Chine. Il suffirait de piocher dans la pluie de billets qui tombent sur les grands actionnaires pour augmenter les salaires et qu’ils rattrapent et suivent la hausse des prix.

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