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Les jeunes en lutte
Violences : l’ultragauche, coupable imaginaire
En quête d’un responsable des dégradations, le gouvernement a d’emblée désigné pêle-mêle LFI, et « ses proxys d’ultragauche », comme l’a déclaré Lecornu.
Dès le 28 septembre, Nuñez, le ministre de l’Intérieur, accusait les militants LFI de « se rendre sur les barrages lycéens pour les inciter à commettre des violences ». Après la journée du 17 octobre émaillée d’incendies et de pillage, la meute s’est déchaînée. Le soir même, le Premier ministre Lecornu désignait « une nébuleuse d’extrême gauche dans laquelle La France insoumise occupe une place importante et dans laquelle il y a des gens, des groupuscules qui sont clairement dans un agenda de violence ». Le 19, il accusait « le mouvement de l’ultragauche » de vouloir « organiser un désordre profond dans le pays jusqu’à l’élection présidentielle ». Macron, dans son allocution dimanche 18 octobre a, de son côté, désigné « les factieux issus de groupuscules d’ultragauche » comme responsables des violences.
La droite, ne voulant pas être en reste, s’est lancée elle aussi dans une dénonciation du complot d’extrême gauche. Édouard Philippe a accusé LFI « de remettre en question les fondements de notre république ». Bellamy, eurodéputé LR, s’est adressé à Philippe Poutou, ancien candidat du NPA rallié à Mélenchon, en lui disant « Pourquoi vous n’êtes pas en prison ce soir ? »
Mais, la ficelle est tellement grosse que même les services de police et de justice n’ont pu confirmer le rôle d’une prétendue ultragauche. Mediapart révèle que, le 18 octobre, un commissaire du renseignement territorial (RT) écrit, consterné : « Il y a des choses indicibles, mais quand on nous demande texto d’écrire que c’est LFI qui est derrière le mouvement alors que c’est objectivement faux de l’avis général des RT, forcément on a des décisions politiques. » Quant à la procureure de Paris, questionnée le 19 octobre sur TF1 sur le fait que les auteurs de violence le 17 octobre sont des personnes politisées vers l’ultragauche, elle a répondu : « Ce n’est absolument pas ce que je peux confirmer », contredisant directement la version du ministre de l’Intérieur. Mais celui-ci a réponse à tout : « Les ultragauches, qui ont l’habitude de ces types d’événements, ont évité de se faire interpeller. »
Ces militants d’ultragauche, on ne les voit pas, on ne les arrête pas mais ils existent, parole de ministre !