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Dans le monde
Les voyageurs risquent leur vie
L’accident de train dans la région de Cordoue, en Espagne, le 18 janvier, a tué 46 personnes et fait des centaines de blessés. Moins de 48 heures plus tard, dans un accident du train régional de Barcelone, un machiniste a été tué et 37 personnes blessées.
Il y a là la conséquence du manque d’investissements dans le réseau ferroviaire espagnol où, avec les années, c’est la rentabilité qui est devenue essentielle.
La détérioration du service ferroviaire n’est pas récente. Les incidents et les retards sur les réseaux de banlieue et provinciaux sont principalement dus à la négligence dont ils ont fait l’objet lorsque l’État a misé sur les lignes à grande vitesse plus rentables. Parallèlement, l’arrivée des compagnies privées sur ces lignes, avec la libéralisation du marché, a entraîné un accroissement du trafic ferroviaire de 46 %, soumettant les infrastructures existantes à des exigences accrues.
En août 2025, le syndicat des conducteurs de train a demandé que la vitesse soit réduite sur certains tronçons, non seulement sur la ligne Malaga- Madrid, qui a été celle de l’accident, mais aussi sur d’autres lignes, en raison des vibrations et des secousses causées par les trains en circulation. Il a fallu ces accidents et la grève des cheminots les 9, 10 et 11 février pour que les entreprises et le gouvernement fassent quelques annonces d’investissements supplémentaires pour la maintenance et l’entretien des voies. On sait cependant ce que valent ces promesses face à l’appât du gain.
La détérioration qui touche actuellement des secteurs tels que les chemins de fer, la santé ou l’éducation est à l’image d’un déclin général de la société soumise à l’impératif de la bourgeoisie, qui est de multiplier ses profits à tout prix. Ceux qui disent que notre société est malade ont raison : sa principale et pire maladie est le capitalisme.