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Dans le monde
Yémen : l’acharnement de la monarchie saoudienne
Le 4 octobre, l’Arabie saoudite a lancé une opération, appelée avec cynisme « Aube du Yémen », bombardant sans relâche la capitale Sanaa que contrôlent les Houthis.
« Cent avions de combat ont participé » à l’offensive et « 324 cibles de grande valeur » ont été détruites, a déclaré sur X le général Turki al-Maliki, porte-parole d’une coalition soutenue par la monarchie saoudienne. Celle-ci prétend intervenir en soutien à un gouvernement qui n’est qu’un ensemble hétéroclite de milices tribales. « Aube du Yémen » est en fait la suite de la guerre menée depuis mars 2015 par l’Arabie saoudite au Yémen, avec l’accord des États-Unis, pour rétablir un pouvoir qui lui était inféodé mais qui avait été massivement rejeté par la population. Sept années de bombardements et de blocus ont entraîné le déplacement de dizaines de milliers de Yéménites, la mort de près de 400 000 personnes et une catastrophe humanitaire. Puis Mohamed Ben Salman, le prince héritier saoudien, a dû se résigner à une trêve en avril 2022.
La monarchie saoudienne n’a évidemment jamais renoncé à tenter de contrôler ce pays, qu’elle considère comme sa chasse gardée, mais force est de constater qu’elle n’est toujours pas parvenue à briser la résistance des Houthis. Le 5 octobre, ceux-ci ont attaqué à l’aide de drones, de missiles balistiques et de missiles de croisière l’aéroport international de Riyad. Ils ont aussi visé une raffinerie d’Aramco à Rabigh, tout comme des sites militaires et des aéroports du sud du pays, selon leur porte-parole militaire, Yahya Saree.
Disant vouloir « assurer la protection aérienne du détroit de Bab el- Mandeb », essentiel pour le transport des hydrocarbures, le pouvoir saoudien continue de déverser des tonnes de bombes, quelles qu’en soient les conséquences. Encore plus de 184 000 personnes ont dû fuir, dont près de 4 000 ont gagné Djibouti après une dangereuse traversée du bras de mer, et des centaines de civils sont morts ou ont été blessés. Selon l’ONU, la famine représente un danger imminent pour 14 millions de personnes, soit presque la moitié de la population. Les prix des denrées alimentaires augmentent fortement dans tout le pays, qui importe environ 90 % de la nourriture qu’il consomme. Le choléra et la rougeole menacent de gagner du terrain. Des produits médicaux vitaux manquent. Avant même cette nouvelle escalade, seulement 60 % environ des établissements de santé étaient fonctionnels et la situation a empiré.
L’Arabie saoudite met toute sa puissance militaire en action pour écraser encore un peu plus un pays déjà exsangue. Elle bénéficie de la complicité des pays impérialistes, des États-Unis, mais aussi de la France.