- Accueil
- Lutte ouvrière n°3032
- Yémen : onze ans de guerre
Dans le monde
Yémen : onze ans de guerre
La guerre entre l’Arabie saoudite et les Houthis alliés de l’Iran, qui avait pris fin en 2022, a repris. Le Yémen est de nouveau sous les bombes.
L’Arabie saoudite, au bout de huit années de guerre, avait échoué à vaincre les Houthis, parvenus au pouvoir à la faveur du Printemps arabe en 2011, en opposition au gouvernement qu’elle et ses alliés impérialistes soutenaient. Depuis, les Houthis n’ont cessé de les défier. Au début de la guerre menée par Netanyahou contre Gaza, ils ont mené des attaques contre les navires israéliens et américains en mer Rouge pour affirmer leur soutien aux Palestiniens, perturbant le commerce international qui utilise ce passage. Soutenus et armés, au moins en partie, par le régime iranien, ils gênent d’autant plus les dirigeants américains et leur allié saoudien dans le contexte de la guerre contre l’Iran.
Fin juillet, le « cessez-le-feu » a donc de fait volé en éclats après les bombardements de l’armée saoudienne sur le Yémen, entraînant la réaction des Houthis. Ceux-ci ont menacé le sud de l’Arabie saoudite et envoyé des drones et des missiles contre des sites du géant pétrolier Aramco. Depuis, le conflit s’est encore intensifié. Début septembre, le régime saoudien a de nouveau bombardé le Yémen à plusieurs reprises, touchant par exemple la prison d’al-Hazm, située dans la province de Jawf frontalière de l’Arabie saoudite, et faisant onze morts. Le régime de Mohamed Ben Salman tente également de s’appuyer sur des milices qui le soutiennent. Du matériel militaire a ainsi été acheminé le 7 septembre depuis l’Arabie saoudite vers le camp militaire d’Al-Wadiah, dans la province de l’Hadramaout, située au sud du Yémen. Il s’agit de tenter d’empêcher les Houthis de contrôler les zones bordant le détroit de Bab-el-Mandeb, qui ferme la mer Rouge et ainsi relie l’Europe à l’Asie via le canal de Suez. Le passage par ce détroit inquiète au moins autant les pétroliers que celui par le détroit d’Ormuz, de l’autre côté de la péninsule arabique. On l’a vu avec la réaction des marchés pétroliers, le prix du baril de brent s’étant rapproché à nouveau de la barre des 100 dollars.
L’intensification du conflit au Yémen aggrave encore la situation du peuple yéménite, pourtant déjà catastrophique depuis la précédente guerre. Il y aurait de nouveau des milliers de déplacés, au moins 20 000 selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) qui ajoute que les « familles déplacées ont un besoin urgent d’aide financière, d’abris d’urgence, d’articles ménagers essentiels et de nourriture ».
C’est une catastrophe de plus qui s’abat sur le peuple yéménite, qui paie lui aussi le prix de la domination impérialiste sur le Moyen-Orient.