États-Unis – Europe : rivalités entre brigands impérialistes21/02/20262026Lutte de Classe/medias/mensuelnumero/images/2026/02/une_254-c.jpg.484x700_q85_box-11%2C0%2C1372%2C1969_crop_detail.jpg

États-Unis – Europe : rivalités entre brigands impérialistes

Si les initiatives du président Donald Trump en politique extérieure peuvent apparaître désordonnées, il est évident qu’elles correspondent à un plan : réaffirmer l’hégémonie de l’impérialisme américain dans un certain nombre de domaines et sur un certain nombre de territoires sans éprouver le besoin d’y mettre les formes. On l’a vu avec l’offensive pour appuyer ses prétentions sur le Groenland en s’opposant aux Européens.

Pendant plusieurs semaines, Trump a affirmé qu’il était prêt à utiliser tous les moyens, y compris militaires, pour imposer au Danemark de lui céder le contrôle du Groenland. Après ces menaces, Trump a pu annoncer, mercredi 21 janvier, lors du Forum économique de Davos en Suisse, que « le cadre d’un futur accord » sur le Groenland avait été trouvé avec le secrétaire général de l’OTAN, l’ex-Premier ministre hollandais Mark Rutte.

Les États-Unis n’ont donc pas eu besoin de déployer une armada au Groenland, et n’ont probablement jamais envisagé de le faire. En réponse aux menaces de Trump, plusieurs États européens ont certes envoyé au total une quarantaine de soldats au Groenland pour montrer leur solidarité avec le Danemark, dont une quinzaine de soldats pour la France, et un nombre du même ordre pour l’Allemagne. Mais ceux-ci ne sont même pas restés quarante-huit heures. Le Royaume-Uni a annoncé l’envoi d’un unique officier. En réponse, Trump a dégainé une nouvelle arme en menaçant ces États d’une augmentation de 10 % des droits de douane dès le 1er février, et de 25 % à partir du 1er juin. Voulant entretenir l’image d’un chef d’État capable de tenir tête à Trump, Macron a parlé d’utiliser le « bazooka commercial », un ensemble de mesures de rétorsion consistant à limiter certaines importations en provenance des États-Unis et l’accès des entreprises américaines aux marchés publics européens. Mais ni lui ni la grande majorité de ses homologues européens n’avaient envie de s’engager dans une escalade et tous ont cherché au contraire à calmer le jeu. Cet épisode a montré une nouvelle fois à quel point les dirigeants européens étaient impuissants face aux pressions américaines.

Après l’annonce de Davos, la tension est donc retombée aussi rapidement qu’elle était montée. Trump a pu assurer qu’il n’avait jamais eu l’intention d’employer la force et a levé toutes les menaces de sanctions douanières, mais taper brutalement sur la table avant d’engager des négociations fait partie de sa méthode habituelle. En tant que dirigeant de la première puissance mondiale, il se moque d’y mettre les formes. En définitive, les dirigeants européens ont pu être offusqués d’avoir été traités sans ménagements particuliers, avec une brutalité qui rappelle celle dont eux-mêmes font preuve à l’égard des pays les plus pauvres.

Quand Trump déclare : « Nous avons besoin du Groenland pour notre sécurité nationale, et nous le prendrons », il ne s’agit pas de la tocade d’un milliardaire illuminé. Cette île grande comme l’Europe de l’Ouest, peuplée seulement de 57 000 habitants, fait depuis longtemps l’objet de la convoitise américaine.

En 1867 déjà, le président des États-Unis Andrew Johnson proposa au royaume du Danemark de lui vendre le Groenland et l’Islande pour sept millions de dollars. Devant le refus des Danois, cette somme fut utilisée cette année-là pour acheter l’Alaska à la Russie.

Le Groenland, objet de convoitise de longue date

En 1946 encore, sous la présidence de Truman, les États-Unis proposèrent au Danemark d’échanger le Groenland contre 100 millions de dollars en or et des droits de développement de champs pétroliers en Alaska, offre qui fut à nouveau rejetée.

Le territoire groenlandais doit cet intérêt insistant à sa position stratégique et à ses ressources minières et énergétiques. Selon un rapport du Service géologique du Danemark et du Groenland (GEUS), il abrite des ressources « comparables à celles de régions minières bien établies comme l’Australie, le Canada et la Scandinavie », terres rares, lithium, graphite, titane et autres minerais stratégiques.

Conscient des problèmes posés par leur exploitation dans des conditions extrêmes, sous d’importantes couches de glace, le GEUS parie qu’avec « le déclin des ressources et la forte demande future en matières premières critiques, les gisements groenlandais pourraient devenir plus économiquement viables à l’avenir ». Quant à Trump, on peut ajouter qu’il a beau nier le réchauffement climatique, il sait tout de même en tirer des opportunités et des perspectives de profit. La fonte des glaces permet en effet d’espérer dans un avenir plus ou moins lointain des possibilités de mise en valeur de ces gisements ainsi que l’ouverture de nouvelles voies maritimes contournant le continent américain par le nord. Et cet espoir suffit à aiguiser les appétits et les rivalités, car le fait de contrôler un territoire peut interdire à un concurrent de le faire dans l’avenir.

Dans le cas du Groenland, les États-Unis ont constamment entravé l’exploitation de ses ressources par d’autres pays. Pour ne parler que de l’histoire récente, lorsqu’une entreprise australienne a acquis, en 2007, la propriété du projet d’extraction de terres rares de Kvanefjeld, dans le sud de l’île, et a progressé dans les études de faisabilité, les États-Unis ont exercé à plusieurs reprises des pressions politiques pour tenter de l’évincer. Lorsque la société chinoise Shenghe Resources est devenue l’un des plus grands actionnaires du projet en 2017, les États-Unis, invoquant des préoccupations de sécurité nationale, ont collaboré avec des responsables politiques danois pour pousser le Groenland à adopter en 2021 de nouvelles normes environnementales concernant l’extraction minière. Elles ont directement conduit à la suspension de ce qui était alors le plus grand projet dans ce domaine hors de Chine. De telles ingérences ne sont pas des incidents isolés, mais font partie d’une stratégie systématique des États-Unis pour empêcher les concurrents d’accéder aux minéraux critiques du Groenland. Même en l’absence des titres de propriété qui obsèdent l’ancien promoteur immobilier Trump, la mainmise des États-Unis sur l’île est bien réelle.

La présence militaire américaine

Ce contrôle s’accompagne d’une présence militaire au Groenland qui date de la Deuxiè­me Guerre mondiale. À la suite de la signature d’un accord avec le gouvernement danois, en exil après l’invasion allemande, des soldats américains y furent déployés dès le printemps 1941, avant même l’entrée en guerre officielle des États-Unis.

En 1951, un nouvel accord autorisa le gouvernement américain à créer une base aérienne à Pituffik, alors appelé Thulé, dans le nord-ouest de l’île. Les Inuits, qui peuplaient le Groenland bien avant sa colonisation par le Danemark, ne furent jamais consultés. En quelques mois, comme l’a rapporté le géographe et explorateur Jean Malaurie, présent sur les lieux, des milliers d’hommes, de navires et d’avions installèrent sur le désert de glace un complexe militaire équipé de radars et de pistes d’aviation, capable notamment d’accueillir des bombardiers porteurs de bombes nucléaires. Les habitants du village de Thulé furent déportés à 150 kilomètres plus au nord, dans quelques baraques construites à la hâte par le gouvernement danois.

Au milieu des années 1950, le site de Thulé accueillit jusqu’à 10 000 personnes, ce qui en faisait l’une des bases américaines les plus importantes hors du territoire des États-Unis. Depuis la fin de la guerre froide, son effectif a considérablement diminué, limité aujourd’hui à 150 militaires environ, mais il demeure un élément important dans le dispositif américain de surveillance des satellites. L’un des enjeux des négociations engagées à Davos pourrait être d’autoriser la création de nouvelles installations militaires qui seraient placées officiellement sous souveraineté américaine.

Depuis son retour au pouvoir, Trump déclare que le Groenland est « vital pour le Dôme d’or que nous construisons ». Cette formule désigne un système d’interception de missiles inspiré du Dôme de fer israélien, intégrant radars hyperpuissants et satellites, censé protéger l’ensemble du continent américain. Cette nouvelle version de la « guerre des étoiles », évoquée sous la présidence de Bush junior, serait d’un coût faramineux : 175 milliards de dollars, d’après la Maison Blanche, et plus vraisemblablement plusieurs milliers de milliards de dollars, selon une étude d’un service de recherche du Congrès américain.

Au-delà de la question des ressources minières du Groenland, l’intérêt manifesté par les États-Unis pour cette région arctique s’inscrit aussi dans les plans de renforcement des capacités militaires élaborés par les généraux du Pentagone dans le cadre de la préparation d’une confrontation avec la Russie, et surtout avec la Chine. Mais les concurrents européens des États-Unis sont aussi priés de se plier aux ambitions américaines.

Les États européens sous la pression permanente des États-Unis

Depuis la crise groenlandaise, beaucoup de commentateurs se sont émus de l’attitude des dirigeants américains, capables de se retourner contre leurs alliés européens au point de les menacer sur le plan militaire. En fait ce n’est pas nouveau. Henry Kissinger, ancien secrétaire d’État américain entre 1973 et 1977, avait résumé à sa façon plus d’un siècle de l’histoire américaine, ponctuée de guerres contre des États européens, en déclarant : « Être ennemi des États-Unis est dangereux, être son ami est fatal. »

À la fin du 19e siècle, le capitalisme américain en pleine expansion se heurta aux empires coloniaux de ses rivaux européens. Les États-Unis entrèrent en guerre contre l’Espagne en 1898 pour lui arracher Cuba et les Philippines, territoires auxquels ils imposèrent leur domination sans avoir besoin d’en faire juridiquement des colonies.

Pendant la Première Guerre mondiale, au cours de laquelle le Royaume-Uni, la France et l’Allemagne s’affrontèrent pour le partage du monde, les États-Unis laissèrent d’abord les puissances européennes s’entretuer et s’affaiblir, se contentant de faire du commerce et de prêter de l’argent au camp anglo-français. Puis, en 1917, après trois années de carnage, ils intervinrent contre l’Allemagne, qui semblait prendre l’avantage sur ses adversaires.

Cette boucherie monstrueuse, qui épuisa humainement et matériellement les États européens, les vainqueurs autant que les vaincus, permit aux États-Unis de s’imposer comme « le maître de l’humanité capitaliste », selon une formule utilisée par Trotsky dans un discours prononcé en 1926. Celui-ci poursuivait : « Que veut le capital américain ? […] Il vise à la maîtrise du monde, il veut instaurer la suprématie de l’Amérique sur notre planète. Que doit-il faire à l’égard de l’Europe ? Il doit, dit-on, la pacifier. Comment ? Sous son hégémonie. Qu’est-ce que cela signifie ? Qu’il doit permettre à l’Europe de se relever, mais dans des limites bien déterminées, lui accorder des secteurs déterminés, restreints, du marché mondial. Le capital américain commande maintenant aux diplomates. Il se prépare à commander également aux banques et aux trusts européens, à toute la bourgeoisie européenne. […] En un mot, il veut réduire l’Europe capitaliste à la portion congrue, autrement dit, lui indiquer combien de tonnes, de litres ou de kilogrammes de telle ou telle matière elle a le droit d’acheter ou de vendre. »

Quand, lors de la Deuxième Guerre mondiale, les États-Unis entrèrent en guerre une nouvelle fois contre l’Allemagne, le vrai objectif n’était pas de « défendre la démocratie contre le nazisme », mais de faire prévaloir leurs intérêts et d’imposer leur domination à l’ensemble de la planète.

Le seul État qu’ils ne purent soumettre à leur tutelle dans cette période fut l’Union soviétique. La révolution de 1917 en Russie avait permis à la classe ouvrière de prendre le pouvoir, d’exproprier la bourgeoisie et de bâtir son propre État. Celui-ci fut capable de résister victorieusement aux interventions de toutes les puissances capitalistes et aux tentatives de renversement qu’elles suscitèrent. Mais, affaibli et resté isolé suite à l’échec de toutes les autres révolutions prolétariennes, il connut une dégénérescence bureaucratique et la nouvelle couche dirigeante, avec Staline à sa tête, avait comme seul objectif de se faire accepter par l’impérialisme. Les dirigeants américains purent donc conclure une alliance avec l’URSS pour l’emporter face à l’Allemagne. Au lendemain de la guerre, ils durent lui reconnaître, contraints et forcés, la tâche de maintenir l’ordre dans la partie orientale de l’Europe occupée par l’armée soviétique en empêchant l’éclatement de révolutions ouvrières. Mais, en réalité, ils n’acceptaient pas qu’une partie du monde puisse échapper à leur emprise. À partir de 1947, ce fut la « guerre froide » contre l’URSS. Les alliés de l’impérialisme américain durent se ranger sous sa férule.

L’OTAN, bras armé des États-Unis

Créée en 1949, l’OTAN (Organisation du traité de l’Atlantique Nord) était l’alliance militaire du bloc occidental face au bloc soviétique. Pour lui faire pièce, l’URSS mit en place, en 1951, une organisation similaire, le Pacte de Varsovie. Si, depuis la naissance de l’OTAN, son secrétaire général est traditionnellement un Européen, le poste de commandant suprême des forces alliées en Europe revient toujours à un général américain. Rien dans les statuts de l’Alliance atlantique ne prévoit cette répartition des rôles, mais les États-Unis n’ont jamais envisagé qu’il en soit autrement.

La disparition de l’URSS en 1991 entraîna la fin du Pacte de Varsovie, mais pas celle de l’OTAN. Au contraire, celle-ci intégra de nouveaux membres issus de l’éclatement du bloc de l’Est. Cette politique d’encerclement progressif de la Russie finit par amener Poutine à décider d’envahir l’Ukraine en 2022 pour tenter de la maintenir dans sa sphère d’influence. Les États-Unis se servirent aussi de l’Alliance atlantique pour intervenir en 1999 contre la Serbie, dans l’ex-Yougoslavie, puis à partir de 2001 en Afghanistan, où des dizaines de milliers de soldats européens furent déployés. Trump a évoqué récemment leur rôle avec sa désinvolture habituelle en déclarant : « Ils se sont tenus loin des zones de combat ». Mais environ un millier d’entre eux trouvèrent la mort en participant à la plus longue guerre menée par l’impérialisme américain.

Pour flatter son électorat plutôt isolationniste, Trump ne manque jamais une occasion de déclarer que l’OTAN n’apporte pas grand-chose aux États-Unis. Il se garde bien d’évoquer les marchés que cette organisation militaire intégrée garantit aux industries américaines de l’armement. Au sommet de l’OTAN à La Haye en juin 2025, Trump a exigé des membres de l’Alliance qu’ils augmentent leur contribution et la portent d’ici à 2035 à 5 % de leur PIB. Ces milliards supplémentaires iront en grande partie gonfler les carnets de commandes de Lockheed Martin, Boeing et autres fabricants américains d’armement. Les dirigeants européens ont accepté d’autant plus facilement de se soumettre à cette exigence américaine qu’eux-mêmes sont engagés dans une politique de « réarmement » et d’augmentation des budgets militaires. Quand le Premier ministre espagnol a exprimé la velléité de se soustraire à cette obligation, il s’est attiré les foudres de tous les participants du sommet, unanimes à proclamer que la discipline devait être respectée au sein de l’Alliance. Les États européens veulent être prêts à mener « une guerre de haute intensité », suivant l’expression employée par les états-majors, mais ils n’envisagent pas de s’opposer à la tutelle américaine, et sans doute ne le peuvent-ils pas.

Des Européens réduits à la portion congrue

Les États-Unis sont donc loin de se désengager de l’OTAN. Depuis la récente réorganisation des postes militaires, rendue publique le 6 février, le commandement des forces maritimes est occupé par un officier américain, alors que ce poste revenait traditionnellement jusque-là à un représentant de la Royal Navy britannique. Les États-Unis, qui dirigeaient déjà les forces terrestres et aériennes, viennent donc de renforcer encore leur contrôle sur l’appareil militaire de l’OTAN, une organisation qu’ils considèrent toujours comme un instrument militaire au service de leurs intérêts.

La guerre en Ukraine a fourni aux États-Unis une occasion de réduire encore la part concédée à leurs concurrents européens. Leurs capitaux ont pu faire main basse sur des pans entiers de l’économie ukrainienne. Leurs trusts se sont enrichis au travers des fournitures d’armes et de bien d’autres matériels. Et les États-Unis ont profité des sanctions sur le gaz et le pétrole russes pour imposer à leurs concurrents européens de se mettre sous leur dépendance.

Durant la même période, en août 2022, le président américain Biden a fait voter un plan de 400 milliards de dollars, l’IRA (loi de réduction de l’inflation), pour inciter les entreprises étrangères à venir produire sur le sol des États-Unis en leur offrant des subventions. L’État américain a alors envoyé des émissaires en Europe démarcher directement les principaux groupes pour les convaincre de déménager leurs usines, en leur offrant de s’occuper de presque toutes les démarches.

Un cran supplémentaire a été franchi dans cette guerre commerciale quand, en avril 2025, Trump, revenu à la Maison Blanche, a annoncé une hausse générale des droits de douane sur les produits importés aux États-Unis. Tous les États ainsi que les plus grandes entreprises ont envoyé leurs représentants à Washington négocier leurs conditions d’accès au marché américain, débouché essentiel pour les capitalistes européens. Certains d’entre eux ont fait le déplacement personnellement, comme le milliardaire français Bernard Arnault, qui est allé plaider directement sa cause auprès de Trump.

Après plusieurs mois de tractations entre l’administration américaine et les représentants de l’Union européenne (UE), un accord commercial a été finalement conclu en juillet 2025. La plupart des exportations de l’UE vers les États-Unis sont donc désormais soumises à une taxe de 15 %, et même de 50 % concernant l’acier et l’aluminium. De leur côté, les Européens n’ont pris aucune mesure de rétorsion et n’ont décidé aucune augmentation de taxes. Pour la plupart, ils se sont déclarés satisfaits, estimant en substance que cela aurait pu être pire et qu’ils n’avaient d’autre choix que de se soumettre à cet allié décidément très exigeant.

L’UE a dû en outre promettre 600 milliards de dollars d’investissements sur le territoire américain et 750 milliards d’achats énergétiques sur les trois prochaines années, une capitulation symbolique qui a permis à Trump de clamer victoire.

Après plus de 70 ans d’un prétendu processus d’unification, les bourgeoisies européennes ont été incapables de surmonter leurs divisions et de se doter d’un État unique. L’Union européenne ne constitue qu’une alliance, difficilement conclue, incomplète et toujours susceptible d’être remise en cause, entre des États qui demeurent avant tout soucieux de défendre les intérêts particuliers de leurs bourgeoisies nationales. Concurrentes entre elles, les bourgeoisies d’Europe sont bien incapables de résister aux diktats de l’impérialisme américain, plus que jamais « le maître de l’humanité capitaliste ».

L’ennemi principaldes travailleurs est dans leur propre pays

La classe ouvrière n’a pas à soutenir un camp dans cet affrontement entre puissances capitalistes, car elle en est la première victime. Partout ce sont les travailleurs qui payent les conséquences de la concurrence capitaliste en se retrouvant privés de toute ressource, du moyen de se loger, de se soigner. Si la guerre économique entre capitalistes débouche sur une généralisation des conflits militaires, les gouvernements n’hésiteront pas à mobiliser la jeunesse et à l’envoyer mourir sur les champs de bataille. Comme dans le passé, lors des précédentes guerres mondiales, lors des guerres coloniales, lors des interventions militaires qui ont ensanglanté tous les continents ces dernières décennies, les discours nationalistes, les mensonges sur la nécessité de défendre la patrie ou la démocratie serviront à masquer le fait que les travailleurs et les classes populaires seront envoyés mourir pour les intérêts des industriels, des financiers et des marchands de canons.

Comme l’écrivait Trotsky en 1926, les affrontements des intérêts impérialistes sont « gros de guerres et de bouleversements révolutionnaires », et dans chaque pays, les travailleurs devront défendre leurs propres intérêts contre ceux de leur bourgeoisie. Pour en finir avec ce système capitaliste en faillite, ils devront prendre le pouvoir et exproprier la bourgeoisie. La classe ouvrière sera alors en mesure de mettre en œuvre son programme de transformation sociale et d’édifier une société organisée de façon à satisfaire les besoins du plus grand nombre.

19 février 2026

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