Législatives : Nathalie Arthaud lance sa campagne à Aubervilliers

Article de presse
12/05/2017

La porte-parole de Lutte ouvrière se présente dans la 6e circonscription (Aubervilliers - Pantin)

Sans tambour ni trompette. Pour une fois, l’expression n’est pas galvaudée concernant le lancement de campagne de Nathalie Arthaud, ce jeudi matin, à Aubervilliers. Un simple kiosque déplié sur un coin de trottoir, face à la poste centrale, suffit à la tête d’affiche de Lutte ouvrière pour donner le top départ de sa candidature aux législatives sur la 6e circonscription (Aubervilliers - Pantin).

«T’as vu, c’est Nathalie Marteau !» lâche ce jeune homme en passant près du stand. «Non, Arthaud, elle est passée à la télé pendant le débat», lui répond son copain. Pas de doute, le débat d’avant premier tour de l’élection présidentielle a donné à l’enseignante d’Aubervilliers un coup de projecteur inédit. La nouveauté, aujourd’hui, c’est qu’un certain nombre de passants s’arrêtent pour faire des selfies avec elle… ce qui n’était pas vraiment le cas en 2012 lorsqu’elle s’est présentée pour la première fois. Et la candidate se prête avec plaisir à cette nouvelle forme de communication. Mais si la forme varie, le fond du discours, lui, ne change pas.

«On ne veut pas faire une opposition de salon, martèle Nathalie Arthaud. C’est pourquoi nous sommes dans les rues, au contact des travailleurs. On dit que l’alternance gauche/droite est bousculée avec Macron mais c’est faux puisqu’il va travailler avec eux.» La candidate de Lutte ouvrière promet de nombreux lendemains qui déchantent. «Les conditions des ouvriers vont être attaquées comme jamais, prédit-elle. Il y aura des grèves, des manifestations avec des centaines de milliers de personnes.»

Outre la défense des travailleurs et la chute du système capitaliste, Nathalie Arthaud veut revoir aussi la représentativité à l’Assemblée. «Elle ne permet pas aujourd’hui à des millions de gens de faire entendre leur vote car il s’agit d’un système majoritaire et non proportionnel, critique-t-elle. Par ailleurs, la règle des 5 % des voix pour être remboursée contribue aussi à nous écarter de l’Assemblée.» Résultat : Lutte ouvrière ne peut consacrer que 2 M€ à ses 553 candidats. «Depuis deux ans, nous économisons sous après sous tout en sachant que cet argent sera perdu», lâche-t-elle. Qu’importe, la professeur d’économie, qui travaille à mi-temps même pendant la campagne, continuera d’arpenter les trottoirs de la circonscription pour défendre ses idées.

Sébastien Thomas - Le Parisien