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Leur société
Canicule : les discours ne rafraîchissent personne
Pour la deuxième fois, le Premier ministre a réuni, mardi 23 juin, une « cellule interministérielle de crise » consacrée à la canicule.

Cette réunion s’est conclue par la recommandation de Lecornu à ses ministres de renoncer à leurs déplacements « pour des raisons de sobriété » et afin que l’État puisse se consacrer à la canicule. Cela ne donnera pas beaucoup de moyens supplémentaires !
Lecornu a aussi annoncé un « renforcement de la mobilisation du système de santé ». Mais cela se fera notamment en déprogrammant des opérations et au détriment de nombreux soins repoussés à plus tard.
Dans tous les domaines, le gouvernement adopte des solutions d’urgence qui ne lui coûtent rien : annulation d’examens, fermetures d’écoles… « Si vous êtes dans un bâtiment qui ne dispose d’aucun espace rafraîchi […], vous fermez l’école pour la journée ou la demi-journée », a déclaré le ministre de l’Éducation nationale Édouard Geffray le 17 juin, à la veille de l’épisode de chaleur. Cela en dit long sur sa façon de considérer celles et ceux qui connaissent la surchauffe au travail, dans les transports, dans leurs logements transformés en bouilloires, après avoir été des passoires thermiques l’hiver. Et ils devraient en plus récupérer leurs enfants quand l’école déclare forfait !
Les propriétaires viennent d’être autorisés à remettre en location des logements sans effectuer de travaux d’isolation durant plusieurs années. Les HLM voient leurs moyens réduits par l’État, ce qui limite la rénovation des bâtiments.
Le bien-être des travailleurs et des usagers des transports n’est pas non plus une priorité : 71 trains ont été supprimés lors des quatre premiers jours de la canicule dans les liaisons Intercités du fait du non-renouvellement du matériel roulant qui, devenu vétuste, n’aurait sans doute pas supporté ces conditions. En Île-de-France, de nombreux bus, métros, RER et locaux où les travailleurs sont censés pouvoir prendre quelques instants de repos sont laissés-pour-compte, leur adaptation se faisant au goutte- à-goutte, avec 2035 comme échéance.
De nombreux responsables se succèdent dans les médias pour tenir des propos moralisateurs, appellent à rester chez soi, à diminuer les activités sportives, comme si le problème de la canicule se limitait à des comportements individuels. Ce sont au contraire la faillite et l’impréparation d’une organisation sociale qui sont mises en lumière par ce nouvel épisode de chaleur, pourtant annoncé. Ces responsables expliquent qu’il coûterait trop cher d’adapter les bâtiments scolaires, les hôpitaux et tous les équipements publics à ces périodes de canicule. Les mêmes n’ont aucun état d’âme à augmenter le budget militaire, à justifier la construction d’un porte-avions et autres armements.
Au-delà, cette gestion désastreuse révèle la faillite d’un système social et économique qui a pour seul fondement la recherche du profit individuel. En effet, il est impossible de résoudre une telle crise climatique sans organiser et planifier l’activité des hommes, en mettant au centre des priorités la satisfaction de leurs besoins, tout en tenant compte de tous les impacts sur l’environnement. Une telle organisation est impossible dans le cadre du capitalisme.