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Leur société
Élèves en stage : l’exploitation à tout âge
Le ministère de l’Éducation nationale a lui aussi fait ses recommandations face à la canicule pour les élèves des filières professionnelles actuellement en stage.
Le ministre en appelle à la « vigilance des entreprises » et à une « attention renforcée » envers de jeunes stagiaires « moins expérimentés et plus sensibles aux effets de la chaleur ».
Que l’on ait 15, 30 ou 60 ans, les mesures à prendre face à la canicule sont évidentes pour tous. Pas besoin d’aller consulter le site du ministère pour savoir qu’il faut multiplier les pauses, ne pas travailler en plein soleil ou exposé à la surchauffe produite par les machines, s’hydrater et raccourcir le temps de travail.
Mais pour les stagiaires comme pour tous les travailleurs, c’est le patron qui doit « évaluer les risques liés à l’exposition à des épisodes de chaleur intense ». Sans surprise, nombre d’employeurs estiment que rien n’empêche les stagiaires de continuer à trimer quasi gratuitement.
Ainsi, des élèves d’une classe de première d’un lycée d’enseignement agricole de la Somme, en stage dans une exploitation agricole et réserve de chasse, doivent réaliser les travaux d’entretien des bois et des marais. Pour se protéger des taons, des moustiques et autres sangsues, ils travaillent en combinaison intégrale. La température grimpe en conséquence, mais il n’est pas question d’autoriser une pause supplémentaire pour boire. Une jeune ayant protesté s’est vu répondre que le patron prenait des stagiaires pour « rendre service » et que ceux-ci ne sont que des « bons à rien qui manquent de courage et ne veulent pas travailler ». Ces stagiaires sont hébergés pendant la semaine dans un bungalow à peine aménagé, dont le réfrigérateur et le congélateur sont en panne, derrière le chenil – tout un symbole !
D’autres témoignages rapportent des situations tout aussi dangereuses et indignes pour des élèves de mécanique, stagiaires dans des garages, ou en boulangerie et en restauration, où la chaleur devient insupportable et qui sont priés de « faire avec ».
Ces patrons, grands et petits, voudraient faire croire à ces jeunes travailleurs en formation que le « courage » consiste à accepter l’exploitation sans limite qu’ils veulent leur imposer. Cette arrogance et ce mépris pourraient leur revenir en pleine figure.