Iran-USA : les populations continuent de payer24/06/20262026Journal/medias/journalarticle/images/2026/06/P8-1_Nabatieh_le_21_juin_apr%C3%A8s_un_bombardement_C_Mahmoud_Zayyat_AFP.jpg.420x236_q85_box-0%2C42%2C800%2C492_crop_detail.jpg2026-06-24

Dans le monde

Iran-USA : les populations continuent de payer

Depuis la signature, le 17 juin, d’un protocole d’accord par l’Iran et les États-Unis pour un cessez-le-feu et des négociations, un premier round a officiellement eu lieu en Suisse.

Illustration - les populations continuent de payer

Mais la diplomatie n’empêche pas la guerre, loin de là. Et les bombardements israéliens sur le Liban, samedi 20 juin, en ont encore témoigné.

Les dirigeants des États-Unis veulent mettre fin, au moins provisoirement, à leur guerre, dont les conséquences, qu’il n’avaient pas su anticiper, leur ont fait perdre de leur superbe aux yeux du monde entier. Le blocage du détroit d’Ormuz a entraîné un retour mondial de l’inflation. Aux États-Unis, elle est passée officiellement de 2,4 % en février à 4,2 % en mai. Et surtout, la résistance du régime iranien face à la campagne de bombardements subie pendant quarante jours a relativisé la « supériorité militaire américaine ». Quant au pouvoir iranien, il est prêt à négocier car il a évidemment intérêt à l’arrêt des bombardements, et il estime que la situation lui est favorable.

Samedi 20 juin, à la suite à la menace de Trump de relancer les bombardements sur l’Iran, le régime iranien a annoncé avoir refermé le détroit d’Ormuz. Ce qui n’a pas empêché, selon la marine américaine, 67 navires de traverser le détroit prétendument fermé, de loin le nombre le plus important depuis le début de la guerre. Ces revirements de part et d’autre sont surtout à destination de leur propre population. Trump veut avoir l’air ferme pour masquer le camouflet qu’il vient de recevoir. Et les dirigeants iraniens ont eux à prouver, en Iran et au Liban, qu’ils ne se soumettent pas docilement au « grand Satan ».

Il y a bien des points sur lesquels, les négociations pourraient achopper. À commencer par la situation au Liban. Car si les États-Unis et l’Iran prétendent s’être mis d’accord pour un arrêt de la guerre dans ce pays, ils ne maîtrisent pas forcément leurs alliés : le gouvernement israélien, d’une part, les dirigeants du Hezbollah, le parti religieux chiite libanais pro-iranien, d’autre part.

Le premier ministre israélien, Netanyahou, n’entend pas retirer son armée de la position acquise au sud du Liban. Pour le Hezbollah, il est impossible d’accepter cette occupation d’une région qui constituait son bastion. Leur intransigeance pourrait compliquer les négociations.

Mais, pendant ces tractations diplomatiques, l’ensemble de la population libanaise paye, par des morts – plus de 4 000 depuis le début de la guerre – , des destructions (plus d’un million de personnes ont fui les zones de guerre) et les autres conséquences futures, comme celles qu’engendreront les largages par l’armée israélienne de glyphosates qui empoisonneront les sols et empêcheront toute culture. En réalité, ce sont toutes les populations du Proche- Orient qui payent cette guerre qui n’en finit pas, faite pour des intérêts qui ne sont pas les leurs.

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