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Leur société
Lyhanna : qui jugera Darmanin ?
Depuis le viol et le meurtre de Lyhanna, les ministres se succèdent dans les médias pour étaler tout ce qu’ils prétendent faire, alors que la seule chose qui compte à leurs yeux est leur propre avenir politique.
Lundi 22 juin, un prérapport sur l’affaire a été apporté à Matignon et un rapport plus exhaustif suivra. Darmanin, ministre de la Justice, s’est donc répandu sur les radios et à la télévision pour assurer qu’il sanctionnerait ceux qu’il désigne comme les fautifs.
En effet, le prérapport pointe des lenteurs dans le traitement des premières plaintes. Quand le dossier sur le présumé violeur de Lyhanna a été transféré de Toulouse à Auch, son importance n’aurait pas été signalée. Puis il a fallu 23 jours pour qu’il soit enregistré à Auch car il n’avait pas été classé comme urgent. Puis l’enquête n’a pas été menée à son terme, etc.
Trouver des coupables n’a pas été très difficile car d’un côté la masse de dossiers, de plaintes, de travail, accroît les risques d’erreurs. Et d’un autre côté, le fonctionnement de la justice, comme celui de la police, ne donne pas la priorité aux plaintes des femmes et des enfants, surtout si elles viennent de milieu populaire, comme c’était le cas pour la mère de la petite Rosa, à l’origine de la plainte en cause.
Il est quand même particulièrement choquant de voir Darmanin venir jouer au justicier. Il n’a pas de mots assez durs pour dénoncer les erreurs venant de ses subordonnés. Le but est de faire croire qu’il n’y a eu qu’une erreur exceptionnelle et des fautes individuelles, mais il est surtout, pour Darmanin, de se dégager de toute responsabilité. Quand un journaliste ose demander à Darmanin s’il ne se sent pas un peu responsable, il s’offusque, arguant qu’il n’est ministre de la Justice que depuis un an. Or, il a participé au gouvernement Macron depuis des années en particulier comme ministre de la police !
Comme bien d’autres politiciens, un Darmanin est d’abord préoccupé de son avenir politique, de sa communication, de l’efficacité de sa démagogie. Il sait aussi pertinemment que la politique qu’il défend appauvrit les classes populaires, qu’en cassant les services publics elle accroît la détresse, détruit les liens sociaux, crée de la violence, favorise l’individualisme, et met ainsi les plus faibles à la merci de ceux qui peuvent user de leur place, de leur pouvoir, pour écraser les autres.