Motherson – Gondecourt : la direction craint les grévistes24/06/20262026Journal/medias/journalnumero/images/2026/06/une_3021-c.jpg.445x577_q85_box-3%2C0%2C1276%2C1650_crop_detail.jpg2026-06-24

Dans les entreprises

Motherson – Gondecourt : la direction craint les grévistes

Le groupe international Motherson, riche à milliards, ne cesse d’acheter des entreprises dans l’automobile, l’aéronautique… et n’a jamais fait autant de bénéfices.

En France, il compte quatre sites, à Harnes (Pas-de-Calais), Gondecourt (Nord), Rougegoutte (Territoire de Belfort) et au Plessis- Robinson (Hauts-de-Seine).

À Gondecourt, environ 300 travailleurs, dont de nombreux intérimaires, produisent des panneaux de portes, des tableaux de bord pour Stellantis, Renault, Volvo, DAF… Mercredi 10 juin, la majorité se sont mis en grève quand la direction a proposé une augmentation de 1,5 % lors des négociations annuelles obligatoires. 1,5 % ? une misère alors que l’inflation officielle, sous-estimée, est à 2,5 % sur un an.

Avant les NAO, dans de nombreuses réunions, les syndicats discutaient des licenciements de 70 personnes sur les quatre sites, dont 12 à Gondecourt, et des mesures d’accompagnement. Ces licenciements concernaient les MOI – main-d’œuvre « indirecte » – la direction tentant de diviser en avançant que les opérateurs n’étaient pas concernés, alors que tous contribuent à faire tourner les usines !

Certains représentants syndicaux reprenaient le mensonge patronal et ne négociaient que sur la prime de licenciement des collègues concernés, sans s’opposer aux licenciements. Malgré cette ambiance pesante, des travailleurs avaient déjà débrayé fin avril en solidarité avec leurs collègues menacés de licenciement : « Après, ce sera nous ! »

Au moment des NAO, la colère accumulée s’est exprimée vraiment. Sans être majoritaires, des travailleurs estimaient qu’il manquait 4 ou 5 % par mois, et ne comptaient pas vraiment sur le syndicat CGT pour défendre cette revendication, ses délégués étant plutôt à la remorque de la direction.

Mercredi 10 juin, dès 17 heures, les ateliers entraient en grève et se vidaient, à 21 heures l’équipe de nuit se mettait aussi en grève. La direction a alors déboulé, proposant 1,7 % et répétant que « ce n’est pas le moment », « qu’ils ne peuvent pas faire plus », que « Stellantis attend ses pièces »… Mais peu après, elle proposait 1,9 %, ce que les délégués acceptaient… mais ce qui révoltait une partie des grévistes.

Jeudi 11, le mouvement continuait et dans l’après- midi, la CGT faisait voter pour ou contre la grève, argumentant pour l’arrêter. Finalement, les grévistes reprenaient le travail, bien qu’une forte proportion ait voulu encore continuer.

La direction avait alors proposé d’attendre le mardi 16 pour reprendre les NAO, disant qu’elle allait « essayer » d’obtenir 2,5 % des hauts responsables du groupe. Rien n’était donc sûr, les travailleurs n’avaient encore rien gagné, mais ils s’étaient fait craindre et, mardi 16 juin, après la réunion, des délégués annonçaient que la direction cédait les 2,5 %. Si « un petit plus » a été gagné, c’est grâce aux travailleurs qui ont fait grève, tout le monde en est bien conscient. Pour certains : « si on avait continué, on aurait eu plus ! »

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