Les ONG entravées par les États24/06/20262026Journal/medias/journalnumero/images/2026/06/une_3021-c.jpg.445x577_q85_box-3%2C0%2C1276%2C1650_crop_detail.jpg2026-06-24

Dans le monde

Les ONG entravées par les États

Le 20 juin, SOS Méditerranée, une ONG qui porte secours aux migrants perdus en mer, tenait une conférence de presse à Marseille, pour marquer, on ne dira pas « fêter », son dixième anniversaire.

L’ONG, qui a secouru 43 000 personnes lors de 453 missions en une décennie, constate que son travail est rendu de plus en plus difficile du fait de la politique des États européens.

Ces derniers, France et Italie en tête, ont cessé de surveiller la zone de passage, au départ de la Tunisie et de la Libye jusqu’aux îles et aux côtes italiennes. Ainsi, alors que 70 % des appels de détresse émanaient il y a dix ans des services italiens et français qui avaient repéré et localisé des embarcations en danger, il n’y en a presque plus aujourd’hui. Les gouvernements européens ont même le front de prétendre avoir dévolu cette mission à la Libye et avoir pour cela équipé ses garde-côtes. On sait pourtant que ceux-ci ont la gâchette facile et se distinguent très peu des gangsters qui rançonnent les migrants, les réduisent en esclavage, les parquent dans des camps ou les assassinent sans autre forme de procès.

SOS Méditerranée a donc dû lancer en novembre 2025 sa propre ONG de surveillance aérienne. Cela a évidemment un coût dont des subventions publiques assument généreusement 7 % du total.

Sur la même ligne, le tribunal administratif de Lyon a jugé illégale la subvention de 10 000 euros que cette ville avait accordée à SOS Méditerranée et sommé l’ONG de rembourser.

Cela s’ajoute aux multiples entraves mises aux missions des ONG, allant jusqu’à la séquestration de leurs navires sous des prétextes divers.

Les dirigeants européens sont responsables des drames vécus par les migrants en Méditerranée à plusieurs titres : comme héritiers du passé colonial et gestionnaires des fortunes européennes et de la misère africaine ainsi engendrées ; comme commanditaires et organisateurs des guerres et des pressions économiques qui étranglent aujourd’hui ce continent ; en refusant de porter secours aux migrants perdus en mer et même en tentant d’empêcher les ONG de le faire.

Cette politique a fait au moins 1 342 victimes, hommes, femmes et enfants, en Méditerranée depuis le début de l’année.

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