RDC : trop pauvres pour être soignés24/06/20262026Journal/medias/journalnumero/images/2026/06/une_3021-c.jpg.445x577_q85_box-3%2C0%2C1276%2C1650_crop_detail.jpg2026-06-24

Dans le monde

RDC : trop pauvres pour être soignés

Depuis la mi-mai, une épidémie due au virus Ebola frappe la République démocratique du Congo et l’Ouganda. En RDC, le bilan officiel atteignait, au 23 juin, 1 048 cas confirmés et 267 morts. En Ouganda, une vingtaine de cas ont été recensés.

Ces chiffres sont inférieurs à la réalité, tant le suivi des malades est difficile dans les zones touchées. Le foyer principal se trouve en Ituri, dans l’est de la RDC, une région minière ravagée par plus de trente ans de guerre, d’affrontements entre bandes armées et de déplacements de population. La région compte plus de 900 000 personnes déplacées.

Pour lutter contre Ebola, il faudrait isoler les malades, tester les cas suspects, suivre leurs contacts et assurer des décontaminations efficaces. Mais le manque de moyens est dramatique. Les soignants racontent comment ils travaillent sans bottes, sans masques suffisants, sans gants, sans visières. Au 19 juin, 75 soignants avaient déjà été infectés depuis le début de l’épidémie, et 17 en sont morts. Au 14 juin, en Ituri, les équipes chargées des enterrements sécurisés et de la décontamination ne disposaient que de 15 % du personnel nécessaire et de 7 % des véhicules. Près d’un tiers des alertes concernant de nouveaux cas suspects n’avaient pas été suivies.

La ville de Kigonze, où vivent plus de 15 000 personnes déplacées, illustre la situation. Depuis mai, plusieurs dizaines de personnes sont mortes présentant des symptômes faisant craindre que le virus circule. Deux cas y ont été confirmés le 22 juin, et les autorités parlent seulement maintenant de construire un centre pour isoler les malades.

La situation est d’autant plus révoltante qu’il n’existe ni vaccin ni traitement homologué contre la souche Bundibugyo, responsable de l’épidémie actuelle. Pourtant, des essais de vaccins avaient protégé des primates dès 2013. Mais ces pistes n’ont pas été poussées jusqu’au bout.

Le 16 juin, alors que l’épidémie s’étendait déjà au-delà de la RDC, 910 millions de dollars d’aide d’urgence ont été promis. Mais moins de 10 % ont réellement été versés dans les jours suivants. Et les coupes des dernières années ont réduit les stocks, les équipes et la logistique disponibles en cas d’épidémie. Aux États-Unis, les budgets d’aide étaient déjà sur la sellette sous Biden, et Trump a décidé le démantèlement d’une partie de la structure Usaid. La France, de son côté, a encore réduit son aide publique au développement de plus de 800 millions d’euros en 2026.

Cette épidémie n’est pas une fatalité africaine. Elle est le produit d’un monde où les richesses du sous-sol congolais attisent les convoitises et les guerres, tandis que les habitants sont laissés sans routes, sans hôpitaux, sans matériel et sans vaccins.

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