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Leur société
Retailleau : la course au plus réactionnaire
Parmi les espèces exotiques et microclimats divers à découvrir au Parc floral de Paris, certains ont pu observer samedi 20 juin un Retailleau en fourrure de candidat à la présidentielle.

« Maboul et gaulliste » est, paraît-il, ce que Retailleau revendiquait sur les mugs publicitaires vendus, allusion à une critique lancée par son ex-patron Macron quand, ministre de l’Intérieur, il reprochait au gouvernement algérien de refuser les ressortissants renvoyés sous OQTF.
Gaulliste, sans doute, maboul, peut-être, arriviste, sûrement, le chef des LR joue des coudes pour revendiquer la place que libérera Macron en 2027. Et si Retailleau se targue de « radicalité », s’il affirme qu’il « ira jusqu’au bout », c’est sans doute que la concurrence est rude à droite et à l’extrême droite. Alors, dans le registre antitravailleurs, anti-immigrés et servilement propatronal, la surenchère est ardue.
Après avoir déclaré que « après 10 ans d’En marche, rien ne marche », Retailleau a fait du Retailleau en prétendant dénoncer « une immense injustice : on prend aux Français qui travaillent pour donner à ceux qui ne travaillent pas ». Il ne parlait évidemment pas des 270 milliards de cadeaux annuels faits aux grands patrons ! À l’égard de ces derniers, les promesses étaient limpides : leur restituer « 40 milliards de prélèvements obligatoires », « sortir la tronçonneuse pour couper dans les normes », et même, concession à la canicule, « une écologie de droite, de bon sens, qui ne punira pas, qui ne dénoncera pas, qui n’interdira pas ».
Après cela, les menaces envers les travailleurs coulent de source. Fier d’avoir durci les conditions de régularisation des travailleurs migrants, combattu l’Aide médicale d’État, Retailleau promet – s’il est élu – de baisser les dépenses publiques, de plafonner toutes les prestations familiales à 70 % du smic, de valoriser le « travailler plus ».
Retailleau s’est aussi engagé à « mettre [ses] tripes, [son] cœur sur la table ». Mais qui veut-il séduire, alors que ces dernières années, la corporation des tripiers a pratiquement disparu ?