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- Lutte ouvrière n°3021
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SNCF Gare de Nantes : une canicule ? Quelle canicule ?
En pleine canicule, c’est à plus de 40 degrés qu’il faut travailler en gare de Nantes. Les cheminots posent donc une question simple à la direction : que prévoit-elle ?
La réponse, de l’aveu même de dirigeants de l’accueil, est : « Rien de prévu. » Ou : « La canicule ? On verra, ce n’est pas sûr qu’elle arrive… » On croit rêver ! Alors, lundi 22 juin, les cheminots présents ont pris les choses en main. L’expédition des TER s’est faite la plupart du temps à distance. Les contrôles des billets TGV ont été arrêtés dès le début de l’après-midi. Les équipes ont organisé des rotations pour les arrivées et les départs des TGV et des Intercités, afin que chacun puisse bénéficier de pauses plus longues. De l’eau a également été distribuée aux voyageurs, y compris directement sur les quais.
Ces initiatives ont été prises par les agents eux-mêmes, ceux qui connaissent la situation. Dans l’encadrement, certains ont donné un coup de main. D’autres, en revanche, ont essayé de faire reprendre le travail « normalement ». Leur grande inquiétude n’était ni la santé des cheminots ni celle des voyageurs, mais : « Ce que vous faites va faire baisser les statistiques d’embarquement ! Ce ne sera pas bon pour vos primes… » À plus de 40 degrés, les agents peuvent bien cuire sur place, mais gare aux chiffres ! Et attention aux menaces…
Reste que les cheminots présents ont démontré qu’ils sont, eux, responsables et que, quand ils discutent entre eux, ils savent parfaitement faire tourner la gare tout en protégeant leur santé et celle des voyageurs. Ceux qui font le travail sont les mieux placés pour savoir comment l’organiser. C’est vrai pendant la canicule et c’est vrai partout le reste de l’année.