Stellantis – Poissy : les travailleurs font respecter les pauses24/06/20262026Journal/medias/journalnumero/images/2026/06/une_3021-c.jpg.445x577_q85_box-3%2C0%2C1276%2C1650_crop_detail.jpg2026-06-24

Dans les entreprises

Stellantis – Poissy : les travailleurs font respecter les pauses

Dans cette usine, durant la journée de travail de 7 heures, il n’y a habituellement que deux pauses de 20 minutes. C’est déjà intenable en général, ne serait-ce que pour manger. Mais avec la canicule, cela devenait insupportable.

Pour l’équipe du matin, qui démarre à 5 h 20, la première pause est à 8 heures et l’autre à 10 h 50. Lundi 22 juin, la direction a annoncé à la prise d’équipe qu’au lieu de donner une pause chaleur supplémentaire, elle avait décidé que celle de 8 heures serait découpée en deux fois dix minutes. Elle n’a pas été gênée d’expliquer que, selon elle, par ces temps de canicule, mieux vaut avoir plusieurs petites coupures de dix minutes plutôt que vingt minutes.

Mais la pause de 8 heures est le moment où tous les travailleurs mangent car ils sont debout depuis 3 heures ou 4 heures du matin. Alors, comment manger en dix minutes ? La direction n’y avait pas pensé ! Et surtout pour elle, seule compte la production, sa rentabilité, certainement pas les conditions pour les ouvriers. Perdre ne serait-ce que quelques minutes, aurait signifié perdre quelques voitures et donc quelques milliers d’euros de bénéfice. Ces décideurs ont à la place du cerveau une véritable calculatrice à profits.

Dans un secteur du Montage, des travailleurs ont refusé de prendre le poste, se déclarant en droit de retrait. D’autres ouvriers de différents secteurs les ont rejoints. Ils se sont retrouvés à 30, déterminés à faire respecter leur temps de pause. Au bout d’une heure, la direction a fait savoir qu’elle retirait son projet pour l’ensemble de l’usine. L’action collective a donc payé, au-delà même du simple respect de la pause. Le lendemain matin, comme par hasard, des ventilateurs arrivaient dans le bâtiment du Montage et la deuxième pause chaleur de dix minutes était accordée alors que les 36 degrés, condition décidée par la direction, pour son déclenchement n’avaient pas encore été atteints.

La satisfaction se lisait sur les visages de bon nombre de travailleurs et la fierté pour ceux qui avaient agi.

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