Tchad : la France s’accroche24/06/20262026Journal/medias/journalarticle/images/2026/06/P9-2_Macron_Afrique_OK_Lupo.jpg.420x236_q85_box-12%2C0%2C788%2C437_crop_detail.jpg2026-06-24

Dans le monde

Tchad : la France s’accroche

Un an et demi après le renvoi, le 30 janvier 2025, du millier de militaires français présents au Tchad, il est question de remettre en place une coopération militaire, mais qui serait plus discrète.

Illustration - la France s’accroche

La décision de mettre les militaires français à la porte avait été prise quelques heures après la visite du ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot. Entre 2020 et 2023, les juntes militaires du Mali, du Burkina Faso et du Niger, avaient pris une mesure semblable pour s’attirer le soutien de la population qui avait manifesté son indignation du maintien de la présence coloniale française, plus de 80 ans après les indépendances. Pour le chef de l’État tchadien, il s’agissait sans doute de ne pas apparaître comme l’unique relais des intérêts de la France dans cette région du Sahel, au sud du Sahara.

L’impérialisme français considère le Tchad comme un pays stratégique et il était intervenu à plusieurs reprises depuis 1990 pour sauver la dictature d’Idriss Déby, jusqu’à ce que, en 2021, celui-ci soit tué. Macron s’était alors rendu au Tchad pour parrainer son fils, Mahamat Déby, toujours au pouvoir aujourd’hui. Le président français l’a reçu en janvier pour renouer les relations qui avaient pris un coup de froid après le renvoi des troupes françaises. Entre-temps, le gouvernement tchadien avait cherché d’autres soutiens militaires qui, du point de vue de la population, ne valent pas mieux que l’ancienne puissance coloniale.

La presse française fait maintenant savoir que le soutien militaire apporté par les Émirats arabes unis, la Turquie et la Russie ne donne pas non plus satisfaction au gouvernement tchadien. Ce dernier a besoin d’éviter une nouvelle rébellion, laquelle pourrait venir du Soudan, dont la guerre civile déborde déjà vers le Tchad. Pour se maintenir au pouvoir, Déby est donc visiblement prêt à renouer avec l’appui militaire de l’ancienne puissance coloniale. L’occasion est trop belle pour Macron, qui s’emploie à sauver ce qui peut l’être du pré carré colonial français en Afrique.

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