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Dans les entreprises
Toyota – Onnaing : des milliards pour les actionnaires, des miettespour les travailleurs
À l’usine Toyota d’Onnaing, dans le Nord, la direction a annoncé mardi 16 juin le montant de la prime de participation pour cette année : c’est 2 300 € brut.
Comme il est de rigueur avec les primes, pour diviser les travailleurs, celle-ci ne sera pas versée à tout le monde, ni avec le même montant : pour les intérimaires, ou ceux qui ont moins de trois mois d’ancienneté, ce sera zéro ; pour ceux qui n’ont pas été présents dans l’usine toute l’année fiscale, la prime sera diminuée et Quant aux hauts cadres, la prime étant au prorata du salaire, ils toucheront bien plus : par exemple, le directeur des ateliers Peinture et Plastique touchera 20 000 €, et le directeur de l’usine 40 000 €.
La direction a aussi annoncé le montant d’une prime « exceptionnelle » de 1 300 € : cette prime « de rattrapage » était présentée depuis des années par la direction et certains syndicats comme une alléchante « prime à quatre chiffres »… Elle est censée correspondre à neuf années durant lesquelles TMMF (Toyota - Onnaing) a sous-déclaré ses bénéfices, voire n’en a pas déclaré du tout… et donc n’a payé ni impôts, ni prime de participation aux bénéfices. En effet, « officiellement » il n’y en avait pas, ou très peu de déclarés.
Cette année, la direction a annoncé un résultat financier de 100 millions d’euros, mais là encore, il est « légalement » sous-évalué : les 282 000 voitures sorties des lignes de production en un an ont été vendues en moyenne 16 700 euros chacune à un unique client : Toyota Europe, basé à Bruxelles. Ces mêmes voitures sont ensuite vendues dans les concessions autour de 30 000 euros. C’est ce que certains appellent pudiquement faire de « l’optimisation fiscale ».
La prime de 1 300 € brut de « rattrapage », elle, est le fruit d’une négociation entre l’État et Toyota, comme « solde de tout compte », en quelque sorte, pour ces neuf années ! Frauder le fisc, pour des actionnaires multimilliardaires, ne coûte vraiment pas cher, même quand ça se voit.
Bien sûr, les travailleurs attendaient ces primes. Mais c’est que les salaires sont nettement insuffisants, encore plus avec les augmentations de prix subies depuis des années. La majorité voit cependant que ce sont des miettes. Le groupe Toyota a réalisé 80 milliards d’euros de bénéfices, rien que ces trois dernières années ! Et la direction ose même repousser le versement des primes à fin juillet pour la participation, et à fin août pour la prime « exceptionnelle »… On ne sait jamais, elle pourrait se retrouver sur la paille !