Nanterre (92) Affaire Nahel : Meurtrier mais policier avant tout14/03/20262026Brèves/static/common/img/contenu-min.jpg

Brève

Nanterre (92) Affaire Nahel

Meurtrier mais policier avant tout

La Cour d’appel de Versailles a décidé que le policier qui avait tué Nahel, un jeune de 17 ans, ne serait pas jugé pour meurtre devant une cour d’assises, mais devant une simple cour criminelle départementale pour « violences ayant entraîné la mort sans avoir intention de la donner ». En juin 2023, le coup de feu mortel tiré à bout portant sur Nahel au volant d’une voiture arrêtée, avait été filmé et avait provoqué la colère contre la police de très nombreux jeunes, donnant lieu à des émeutes dans tout le pays.

La Première ministre de l’époque, Élisabeth Borne, avait solennellement déclaré que « la justice passera" et dans un premier temps des juges d’instruction avaient mis le policier en examen pour meurtre. Mais presque trois ans après, les faits ont été requalifiés en appel pour ménager le tueur, sa hiérarchie et les tenants de l'ordre. Les magistrats de Versailles ont tordu les faits de façon grotesque : si le policier, qui avait exhibé son arme « de manière réitérée et significative », a tiré sur Nahel à bout portant, c’était selon ces juges, pour ne pas risquer de blesser quelqu’un d’autre. 

Beine que selon l’expert balistique, le policier ait visé la « zone thoraco-abdominale », donc le cœur, les juges incriminent la victime car elle « gesticulait » au lieu d’attendre bien sagement d’être mise en joue et tuée. Ils estiment quand même qu’il y a eu violences envers Nahel mais n’ont pas retenu les circonstances aggravantes prévues par la loi, ce qui a l’avantage de réduire encore de cinq ans la peine maximale de prison encourue.

C’est au prix de telles absurdités que l’appareil judicière aide la police à ne pas subir les conséquences de ses rapports brutaux avec les classes populaires.

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