Municipales 2026
L'Île-Saint-Denis

Benoît MARANGET
Benoît Maranget, L’Île-Saint-Denis
Je vis dans cette ville de Seine-Saint-Denis depuis plus de vingt ans, et je mène la liste Lutte ouvrière – Le camp des travailleurs. En tant qu’enseignant au collège de la ville, je suis aux premières loges des difficultés sociales que vivent bien des familles. Dans ce collège situé en réseau d’éducation prioritaire, cela fait des années qu’il n’y a plus d’assistante sociale. L’infirmier scolaire, chargé aussi des trois écoles de la ville, parti à la retraite il y a plus d’un an, n’a pas été remplacé. Et pourtant bien des élèves en auraient besoin.
L’Île-Saint-Denis est une petite ville de 8 700 habitants située sur la Seine. Le site est beau mais la misère y est féroce. D’après le journal municipal, 31 % de la population vit avec moins de 924 € par mois. Par comparaison, ce taux est de 27,6 % dans le département de Seine-Saint-Denis (le plus pauvre de métropole), et de 14,8 % en France métropolitaine. Dans ces conditions, pas étonnant que la plupart des discussions portent sur la hausse des prix, qui dure depuis des années. « Tout augmente, sauf les salaires ! », disent bon nombre des habitants avec qui je discute.
Quant aux services publics, ils sont en pleine dégradation. Dernier exemple en date, la ligne du tramway T1 a été coupée, suite à la fermeture du principal pont de l’île, heurté par un bateau de croisière le 15 mai dernier. Les travaux n’ont même pas commencé et la réouverture du pont n’est pas prévue avant l’été prochain. En attendant, les habitants marchent et continuent à payer plein pot leur Passe Navigo !
Parions que si c’était un pont au cœur des quartiers riches de la capitale, sa réparation aurait été accélérée et sa réouverture déjà effective…