Airbus Espagne : des grévistes déterminés22/07/20262026Journal/medias/journalarticle/images/2026/07/P9_La_gr%C3%A8ve_est_larme_des_travaillleurs__Vive_lautoorganisation_des_travailleurs__OK_LUPO_2.jpg.420x236_q85_box-0%2C0%2C914%2C514_crop_detail.jpg2026-07-22

Dans les entreprises

Airbus Espagne

des grévistes déterminés

Jeudi 16 juillet, 4 000 grévistes de l’usine d’Airbus de Getafe, dans la banlieue de Madrid, ont manifesté depuis l’usine jusqu’au centre-ville, marquant ainsi leur détermination à continuer la grève commencée le 1er juillet.

Illustration - des grévistes déterminés

En juin, le PDG Guillaume Faury, dans un courrier plein de mépris adressé à l’ensemble des salariés en quatre langues différentes, confirmait la réduction du télétravail à une journée par semaine. Cette énième attaque des conditions de travail avait conduit à des débrayages dans plusieurs usines en France. En Espagne, elle a été la goutte de trop.

Plusieurs dizaines de «cols blancs» ont insisté, pendant une semaine, auprès de tous les syndicats pour qu’ils appellent à la grève. SIPA, le syndicat majoritaire à Getafe, a finalement organisé une assemblée générale (AG) où 2 000 travailleurs ont voté la grève du 1er au 31 juillet. Les grévistes réclament au moins 18 % d’augmentation de salaire, l’indexation des salaires sur l’inflation et 40 % de télétravail.

Les discussions à 2 000 grévistes étant difficiles, ils ont créé plusieurs commissions de travail (communication, documentation, logistique, slogans, etc.). Ces commissions se réunissent publiquement, sous des barnums devant l’usine, tous les jours, à partir de 6 heures et jusqu’à 10 heures, heure de l’assemblée générale. Il y a une rapporteuse de tout ce qui a été discuté dans les commissions. Puis les orientations sont votées en AG.

Un comité de grève composé de deux représentants par syndicat pro-grève et de deux représentants de travailleurs hors syndicat a aussi été constitué. Ce comité est dédié à la négociation avec la direction. Les deux représentants sans mandats syndicaux, imposés par la mobilisation à la direction, ont pour mission d’observer les discussions et de s’assurer du respect des décisions prises en AG. Les grévistes, qui veulent diriger eux-mêmes leur mouvement, ont même installé une banderole sur leur usine pour l’exprimer : «C’est notre grève, ici les travailleurs décident et les syndicats obéissent.»

Malgré cette mobilisation historique dans un groupe tel qu’Airbus, le syndicat implanté chez les ouvriers, Commissions Ouvrières (CO), a cherché dès le début à saper le mouvement. D’abord en disant que c’est une grève pour les cols blancs, puis à présent en réclamant un référendum car selon lui les revendications des 6 000 grévistes d’Espagne ne seraient pas légitimes. Ceux-ci ne sont pas dupes de ces manœuvres de division et continuent de militer pour gagner les syndiqués de CO au mouvement.

En deux semaines, la grève s’est étendue de Getafe aux usines de la banlieue de Séville, de Cadix, d’Illescas et d’Albacete : ils sont actuellement 6 000 grévistes sur 15 000 travailleurs et la prolongation du mouvement après les congés d’août a été votée.

Des travailleurs des usines Airbus en France sont entrés en contact avec eux et s’attellent à populariser le mouvement dans leurs usines. L’un d’eux est même venu assister à une assemblée générale à Getafe dans laquelle il a pu prendre la parole. Son intervention, qui visait à soutenir le mouvement et à lancer un appel pour qu’il dépasse les frontières, a été chaleureusement accueillie par de longs applaudissements. Des travailleurs criaient même en français « Tous ensemble, tous ensemble ! »

La colère existe partout, en Espagne, en France et dans les autres pays. Les camarades en Espagne ouvrent la voie et leur grève et ses expériences marquent d’ores et déjà les esprits et font évoluer les consciences.

Partager