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- Lutte ouvrière n°2997
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Dans les entreprises
Couloir de la chimie
la guerre sociale continue
Quinze jours après le terrible accident à l’usine chimique Elkem de Saint-Fons, près de Lyon, le bilan est tragique : deux travailleurs sont morts des suites de leurs brûlures, Nicolas, 47 ans et David, 55 ans. Une travailleuse est toujours plongée dans le coma.

Dimanche 4 janvier dans la presse locale, la direction vantait les 25 millions d’euros investis pour la sécurité en quelques années sur le site, prétendant sans gêne qu’il est faux de dire que celle-ci a été sacrifiée au profit de la rentabilité.
À la reprise du travail, elle a organisé des réunions d’information toute la journée du lundi 5 janvier, mobilisant le ban et l’arrière-ban de sa hiérarchie pour asséner sa propagande. Elle fait du chantage pour que les travailleurs se taisent et acceptent sa politique, sous prétexte de ne pas mettre en danger l’avenir du site.
Pour protéger les emplois, faudrait-il que les travailleurs acceptent de venir au travail tous les jours avec la boule au ventre ? Faudrait-il attendre les résultats de l’enquête sans rien dire ? Mais les enquêtes judiciaires et les prétendus contrôles par les organismes de l’État n’ont aucun effet face à la soif de profit des capitalistes : ni la condamnation à une amende ridicule de 50 000 euros suite au décès d’un travailleur en 2016, ni les nombreuses mises en demeure par la DREAL (direction régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement), n’ont empêché l’explosion du 22 décembre dernier. À ce jour, les organisations syndicales ont décidé de se porter partie civile pour avoir accès aux dossiers liés à l’accident.
Les travailleurs et les riverains du couloir de la chimie, au sud de Lyon sont tous concernés. Dans les nombreuses usines classées Seveso, car elles manipulent des produits dangereux, le patronat use jusqu’à la moelle des installations vieillissantes, dont la maintenance se fait au rabais. La sous-traitance, la précarité, la baisse des effectifs, ont affaibli les capacités des travailleurs à assurer collectivement leur propre sécurité.
Dans une autre usine chimique voisine, Domo Belle-Étoile, les travailleurs, en guise de vœux de Nouvel An, ont été privés de leur paie du mois de décembre ! La direction leur a versé comme « avance » (sic) un demi-salaire du mois de janvier, et elle a annoncé déposer un dossier de mise en redressement judiciaire de l’entreprise, quelques mois après un plan qui a supprimé 155 emplois. Là aussi, la crainte de la fermeture définitive du site est utilisée comme moyen de pression pour propager la résignation.
Cela fait partie de la guerre au quotidien menée par le patronat pour maintenir ses profits. Les travailleurs ne peuvent accepter que ce soit au prix de leur vie.