Factures d’électricité : coup de tension07/01/20262026Journal/medias/journalarticle/images/2026/01/P12-1_Facture_EDF_OK_Lupo.jpg.420x236_q85_box-0%2C0%2C910%2C512_crop_detail.jpg

Leur société

Factures d’électricité

coup de tension

Le ministre de l’Économie a annoncé une baisse du tarif de l’abonnement à l’électricité de 5 % à partir du 1er février. Pour un foyer à la consommation moyenne, cette baisse d’environ 10 euros par an ne devrait pas compenser les hausses prévisibles des factures.

Illustration - coup de tension

L’une des raisons est la disparition de l’Arenh (accès régulé à l’électricité nucléaire historique) le 31 décembre 2025. Il s’agissait d’un mécanisme contraignant EDF à céder aux fournisseurs d’énergie entre un quart et un tiers de sa production nucléaire au prix fixé officiellement de 42 euros le mégawattheure (MWh). Il était censé favoriser l’émergence d’une « concurrence » face à l’opérateur historique. Il offrait en fait une rente garantie aux fournisseurs alternatifs — Engie, TotalEnergies, Eni, entre autres — qui revendaient ensuite cette électricité aux particuliers, parfois presque le double du prix réglementé. L’existence de l’Arenh n’a pas protégé les consommateurs : en 10 ans, la facture d’électricité des ménages a augmenté d’environ 50 %.

Mais la disparition de l’Arenh risque d’aggraver encore les choses. Pour ceux qui ont souscrit une offre de marché (à prix libre), les fournisseurs, désormais privés d’électricité nucléaire à prix réduit, répercuteront la hausse de leurs coûts. Quant aux abonnés au tarif réglementé, le ministère de l’Économie a prévu un nouveau mécanisme baptisé versement nucléaire universel (VNU). Ce dispositif obligerait l’énergéticien à redistribuer une part de ses revenus lorsque les prix de l’électricité sont très élevés. Mais celui qui déterminera si les prix sont trop élevés ou non est le gouvernement, ce qui n’est pas fait pour inspirer confiance.

Une autre évolution qui va peser sur les factures est la hausse des contributions demandées aux fournisseurs pour le financement des économies d’énergie. Ceux-ci doivent en effet verser des primes pour de la rénovation énergétique à des entreprises et des ménages, et s’en justifier auprès de l’État, qui leur délivre en échange des certificats d’économie d’énergie (CEE). Pour la période 2026-2030, le gouvernement leur a fixé un objectif annuel en hausse de 27 %. Il y a tout lieu de penser qu’ils répercuteront ces coûts sur leurs clients et feront financer par l’ensemble des consommateurs les subventions obtenues par une petite partie des foyers, voire par des entreprises.

En clair, si le courant est toujours alternatif, la hausse des prix, elle, risque de rester continue !

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