Grève des médecins : pas d’économies sur la santé !07/01/20262026Journal/medias/journalarticle/images/2026/01/P7-1_Lors_dune_pr%C3%A9c%C3%A9dente_gr%C3%A8ve_C_Ouest_France.jpg.420x236_q85_box-2%2C0%2C800%2C449_crop_detail.jpg

Leur société

Grève des médecins

pas d’économies sur la santé !

Lundi 5 janvier, les médecins libéraux et les cliniques privées ont commencé une grève nationale devant durer dix jours pour protester contre le budget de la Sécurité sociale adopté en décembre 2025 et jugé largement « insuffisant ».

Illustration - pas d’économies sur la santé !

Une manifestation est prévue à Paris le 10 janvier. Que le budget de la Sécurité sociale soit insuffisant, c’est le moins que l’on puisse dire, même si pour obtenir le soutien du PS et des écologistes, le gouvernement a renoncé pour le moment à l’augmentation des franchises médicales et accordé une petite rallonge pour l’Ondam, l’objectif national des dépenses d’assurance maladie. Par contre, la note est salée pour la population. Une taxe d’un milliard sur les complémentaires santé sera bien sûr répercutée par celles-ci sur les adhérents, qui cotiseront plus pour être moins bien remboursés. La baisse de la prise en charge des cures thermales et la limitation des arrêts maladie sont autant d’attaques contre la population qui devra encore plus renoncer aux soins.

Cette grève, comme toute grève d’ailleurs, peut créer une gêne réelle pour la population, ne serait- ce que parce que la fermeture des cabinets médicaux entraînera un engorgement encore plus important des services d’urgence, d’autant plus cet hiver avec l’épidémie de grippe. Cependant ce mouvement, comme les précédents, ne suscite pas d’hostilité dans la population. De nombreux malades connaissent la dure réalité des « déserts médicaux » et des horaires de certains médecins généralistes pour assurer au mieux des soins pour tous. La ministre de la Santé s’est d’ailleurs bien gardée d’attaquer les médecins en les qualifiant de privilégiés trop bien payés.

Bien sûr, les médecins libéraux, même si leurs conditions de travail se dégradent, ne sont pas les plus à plaindre en matière de revenus. D’ailleurs au 1er janvier les médecins spécialistes, comme les gynécologues ou les gériatres, ont obtenu une augmentation du prix de leur consultation. Et le gouvernement se dit prêt à envisager un nouveau coup de pouce des tarifs de consultation si les médecins libéraux acceptaient de prendre plus de patients et d’assurer des gardes de nuit et de week-end, alors qu’ils sont déjà débordés ! À cela s’ajoute le fait que l’on prétend instaurer un contrôle sur leurs prescriptions et notamment sur le nombre d’arrêts maladie qu’ils délivrent.

Cette grève des médecins libéraux n’est que leur réaction face à un système de santé qui vacille sous les coups de boutoir de la recherche de la rentabilité maximale. Depuis des décennies, le système craque de partout. L’épidémie du Covid a déjà montré les conséquences criminelles de ces politiques, mais le « quoi qu’il en coûte » n’est jamais pour la santé de la population, mais pour celle des profits.

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