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Dans le monde
Iran
sous les bombes impérialistes et la dictature
Il faut le grossier cynisme des dirigeants impérialistes pour présenter les bombardements qui visent les villes d’Iran, sous l’appellation « Furie épique », comme pouvant permettre une libération de sa population.

Les médias occidentaux ont diffusé des scènes de liesse provoquées par la mort de l’ayatollah Khamenei, qui avait été conspué aux cris de « Mort au dictateur » par des millions de manifestants iraniens lors des révoltes qui ont secoué le pays depuis 2017. Mais ils ont caché le désespoir des parents des 160 fillettes tuées dans leur école par une bombe américaine dès le début de l’offensive. Les commentateurs s’appuient sur les immenses files de voitures qui ont quitté Téhéran pour affirmer que la ville a été évacuée par ses habitants. Mais la manipulation est grossière : si les plus riches ont pu se réfugier à la campagne, l’immense majorité des neuf millions d’habitants de la capitale n’a d’autre choix que de continuer à y travailler pour pouvoir manger. Les travailleurs des usines, des centres pétroliers, ceux de la télévision publique ou les voisins des immeubles officiels sont la cible des bombes.
L’association Iran Human Rights rapporte que les prisonniers de la sinistre prison d’Evin à Téhéran, dans laquelle sont enfermés des milliers de manifestants arrêtés en janvier, ainsi que des milliers de prisonniers politiques plus anciens, ont été abandonnés, enfermés par leurs geôliers qui fuyaient les frappes voisines. Ainsi les principaux opposants au régime, ceux qui ont survécu aux massacres du 8 au 10 janvier puis à la torture des sbires du régime, pourraient être tués par les bombes de leurs prétendus libérateurs !
Jamais avare d’une énormité, Trump a lancé aux Iraniens : « Lorsque nous aurons fini, emparez-vous du pouvoir, ce sera à vous de le faire. Cela sera probablement votre seule chance pour des générations à venir. » Le même Trump avait encouragé la population à manifester en janvier, promettant « de venir à son secours » avant de détourner les yeux pendant que le régime organisait une tuerie de masse. Trump, comme ses prédécesseurs à la tête des États-Unis, craint plus que tout que les peuples s’emparent eux-mêmes du pouvoir. En 1979, c’est avec la bénédiction des États-Unis que l’ayatollah Khomeini, prédécesseur de Khamenei, avait été ramené d’exil pour canaliser la révolte populaire qui venait de chasser le chah, dictateur pro-américain haï par son peuple, tout cela pour empêcher que l’appareil d’État ne s’écroule.
Ce que Trump n’accepte pas, ce n’est pas le caractère dictatorial de la république islamique, c’est le fait que ce régime ne lui obéisse pas au doigt et à l’œil. L’émancipation des exploités d’Iran ne pourra venir que des exploités eux-mêmes. Ces derniers ont montré à plusieurs reprises qu’ils avaient le courage nécessaire.