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- Lutte ouvrière n°3006
- Iran : Ni Trump, ni Pahlavi, ni Khamenei !
Dans le monde
Iran
Ni Trump, ni Pahlavi, ni Khamenei !
Au dixième jour de la guerre, les bombes israélo-américaines tombaient chaque jour en Iran, non seulement sur des casernes et des installations militaires mais aussi sur des immeubles d’habitation et des infrastructures.

À l’angoisse que son immeuble soit visé ou ses proches tués, s’ajoutent pour la population les difficultés pour s’approvisionner alors même que le pays est frappé depuis des années par l’embargo américain et l’hyperinflation. À Téhéran, le bombardement de plusieurs dépôts de carburant, le 8 mars, a provoqué d’immenses incendies, suivis de pluies noires acides qui brûlent la peau, asphyxient les habitants et polluent les sols et les nappes phréatiques. Deux jours plus tard, le secrétaire américain à la Guerre annonçait que le pire était à venir : « Le 11 mars sera le jour le plus intense de frappes. »
Voilà comment les dirigeants de l’impérialisme entendent « libérer » le peuple iranien de la dictature des mollahs ! Si, parmi les témoignages qui parviennent d’Iran, la haine du régime est toujours présente, on ne voit plus les scènes de liesse qui avaient suivi la mort de l’ayatollah Khamenei, le 28 février. Seuls les partisans en exil de Pahlavi, le fils de l’ancien chah, complaisamment relayés dans les médias et qui prétendent sans gêne parler au nom de tous les Iraniens, osent voir dans ce tapis de bombes une entreprise de libération ayant l’assentiment de la population.
Loin de s’effondrer après l’élimination du premier cercle dirigeant, le régime a continué à organiser sa riposte militaire, frappant des bases et des installations américaines et d’autres cibles dans les pays du golfe Persique, en Israël, en Irak, en Jordanie ou en Azerbaïdjan. Un nouveau Guide suprême a été désigné en la personne de Mojtaba Khamenei, le fils du précédent. Ali Laridjani, rejeton d’une riche famille, proche des Pasdarans et chef du Conseil suprême de sécurité, tient en main l’appareil d’État. Sans surprise, les bombardements israélo-américains ont pour effet de renforcer le sentiment national iranien et de redonner de la légitimité à un régime pourtant discrédité après le massacre perpétré en janvier contre des millions de manifestants désarmés.
En Iran, mais aussi parmi les exploités de nombreux pays, cette nouvelle agression israélo- américaine a pour effet de faire apparaître les mollahs et les Pasdarans comme des résistants face à la domination impérialiste. C’est une terrible impasse car, si Trump et Netanyahou sont sans conteste les agresseurs, les dirigeants de la République islamique se cachent depuis 47 ans derrière les slogans anti-impérialistes pour piller l’Iran, accumuler des fortunes et exploiter leur propre peuple. Les classes populaires, la jeunesse et plus encore les millions de travailleurs d’Iran ont montré leur courage et leur force à de nombreuses reprises dans le passé proche ou lointain. Pour se libérer, à la fois du régime des mollahs et de la domination impérialiste, ils ne peuvent compter que sur leurs propres luttes et les liens qu’ils sauront établir avec les opprimés du monde entier.