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Dans le monde
Liban, Syrie, Gaza
les guerres de Netanyahou
Depuis le 2 mars, l’armée israélienne bombarde sans discontinuer le Liban. Près de 1 500 personnes, dont 130 enfants, ont été tuées, et plus d’un million de personnes ont été déplacées, fuyant le sud du pays.

L’exode de la population se poursuit. Lundi 6 avril, en début de soirée, les habitants de plus de 40 villages du sud du Liban ont été sommés d’évacuer s’ils ne voulaient pas être pris sous les bombes israéliennes. Après la destruction des six principaux ponts reliant les deux rives du Litani, fleuve qui court sur 140 kilomètres et se jette dans la Méditerranée, plus de 150 000 personnes se retrouvent prises au piège dans le sud, dans une situation humanitaire difficile, dans l’impossibilité d’être ravitaillées en nourriture et en médicaments.
Pour mettre fin aux tirs de roquettes et de missiles du Hezbollah sur le nord d’Israël, le gouvernement israélien veut créer une « zone de sécurité » de plus de trente kilomètres au- delà de la frontière israélo-libanaise. Le ministre de la Défense, Israël Katz, a exclu le retour dans leur foyer de 600 000 résidents « jusqu’à ce que la sécurité des habitants du nord d’Israël soit définitivement assurée ». Allant plus loin encore, il a déclaré que toutes les habitations de la zone concernée devaient être rasées, comme à Gaza. Quant au ministre des Finances d’extrême droite, Bezalel Smotrich, il est allé jusqu’à prôner l’annexion de cette partie du Liban, déclarant que le Litani devait devenir la « nouvelle frontière nord d’Israël ».
La volonté de créer des glacis aux frontières de l’État d’Israël découle directement de l’état de guerre permanent qu’il entretient avec ses voisins depuis sa naissance, en 1948. Cette politique a conduit l’armée israélienne à occuper durablement la Cisjordanie après la guerre des Six-Jours en 1967 ; à envahir le Liban à plusieurs reprises à partir de 1978 et à occuper le sud de ce pays entre 1982 et 2000.
Afin de conserver le soutien de l’extrême droite à laquelle il a lié son sort pour se maintenir au pouvoir, Netanyahou a repris à son compte sa politique ouvertement annexionniste. « Nous avons créé trois zones de sécurité en profondeur en territoire étranger », a-t-il déclaré le 29 mars, faisant allusion à la situation au Liban, à Gaza et en Syrie. Dans ce dernier pays, l’armée israélienne, qui occupait déjà une partie du plateau du Golan depuis 1967, a pris le contrôle de 350 km² supplémentaires après la chute du régime de Bachar al-Assad en 2024. Le réseau de tranchées et les neuf bases militaires édifiées démontrent sa volonté de s’y installer durablement.
Dans la bande de Gaza, l’armée israélienne occupe 60 % de la superficie de l’enclave, laissant les 2,2 millions de Palestiniens entassés à l’ouest d’une « ligne jaune », dans des conditions inhumaines, privés d’aide humanitaire et sans la moindre perspective d’amélioration. Semaine après semaine, le nombre de Gazaouis tués par des tirs de soldats ou par des drones continue d’augmenter.
La création de ces « zones de sécurité » n’en assurera en réalité aucune à la population israélienne, et l’oblige au contraire à vivre en permanence en état de guerre avec les populations et les autres États de la région. Depuis qu’il y est présent, l’impérialisme y alimente des conflits qui lui permettent de maintenir tous les peuples sous sa domination. Pour mettre fin à ce chaos, aggravé encore par les actuelles aventures guerrières de Trump et Netanyahou, il faut en finir avec ce système d’oppression et tous les régimes qui en sont complices.