- Accueil
- Lutte ouvrière n°3012
- Stellantis – Poissy : la direction signe la fermeture de l’usine
Dans les entreprises
Stellantis – Poissy
la direction signe la fermeture de l’usine
Jeudi 16 avril, Stellantis a annoncé l’arrêt de la fabrication de voitures dans son usine de Poissy, proche de Paris. Pour l’écrasante majorité des travailleurs, cela veut dire à terme la fermeture.

Cette annonce n’a pas surpris grand monde dans les ateliers : depuis juin 2024, les militants de SUD avaient dénoncé le projet de la direction et avaient cherché à réunir les travailleurs pour les préparer à riposter. Pendant ces deux ans, la direction a menti effrontément, expliquant qu’il n’était pas question de fermer. Elle a même promis qu’il pourrait y avoir une nouvelle voiture après l’Opel Mokka produite actuellement, si les ouvriers travaillaient plus et mieux et que l’activité pouvait encore durer vingt ans, trente ans…
La direction est donc maintenant obligée de reconnaître qu’il n’y aura plus de voiture produite à Poissy. Mais elle continue de mentir en prétendant que l’arrêt de la fabrication de voitures ne signifiera pas la fermeture de l’usine. Le 16 avril, le directeur a même osé déclarer à la presse que ses annonces étaient « une très bonne nouvelle pour les salariés ». Il affirme que 100 millions d’euros vont être consacrés pour créer de « nouvelles activités industrielles », dont il dresse une liste à la Prévert, tout en refusant évidemment de donner le détail des emplois correspondants. Il suffit de savoir que le patron donne en exemple la création d’un atelier… de fabrication par imprimantes 3D pour comprendre que ces projets sont plus illusoires les uns que les autres.
Quant à la promesse la plus concrète, elle est révoltante, consistant à transférer une ligne d’assemblage de moteurs du site de Vesoul vers Poissy… ce qui se traduirait par la suppression de 190 emplois à Vesoul !
Dans leur immense majorité, les travailleurs de Poissy voient que tout cela est de la poudre aux yeux, d’autant plus que les négociations continuent pour vendre les terrains de l’usine Stellantis au Qatar en vue d’y construire le futur stade de son club, le Paris-Saint-Germain. Ils en sont d’autant plus convaincus qu’un long travail de discussion a été mené depuis deux ans par les militants les plus combatifs, accompagné d’actions collectives menées dans l’usine pour exiger des garanties. Stellantis prépare une véritable saignée de l’emploi à l’usine Stellantis elle-même, dont les 2 000 travailleurs embauchés sont menacés, mais aussi chez les milliers de travailleurs des équipementiers qui fournissent les pièces, comme Forvia à Méru dans l’Oise, Lear à Herblay dans le Val-d’Oise, ou MC Synchro à Chanteloup-les-Vignes, près de Poissy.
Une minorité est bien consciente que la direction a déclaré la guerre à l’ensemble des travailleurs et qu’il ne faut plus perdre de temps pour se mobiliser. Car il faut imposer à tous ces patrons et aux pouvoirs publics les garanties nécessaires pour qu’aucun d’entre eux ne se retrouve à la rue et sans salaire avec la fin de la fabrication de voitures.
Une manifestation était organisée le jeudi 23 avril à Poissy, avec un appel à la grève. Elle représente une nouvelle occasion pour les travailleurs de dénoncer le projet de fermeture de l’usine et de se faire entendre.