Ukraine : règlements de comptes au sommet22/07/20262026Journal/medias/journalarticle/images/2026/07/P12-2_Manifestation_d%C3%A9non%C3%A7ant_le_renvoi_de_Federov_le_16_juillet_%C3%A0_Kiev_HD_C_Roman_Pilipey_AFP.jpg.420x236_q85_box-0%2C62%2C800%2C513_crop_detail.jpg2026-07-22

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Ukraine

règlements de comptes au sommet

Le remaniement gouvernemental, survenu mi-juillet en Ukraine, a suscité la grogne au sein même du parti du président Zelensky et des manifestations contre sa décision. Cela a été aussi l’occasion d’étaler au grand jour ce qui motive les dirigeants du pays quand ils exhortent la population à aller « défendre la patrie ».

Illustration - règlements de comptes au sommet

En changeant de Premier ministre, Zelensky a voulu faire passer dans la foulée le limogeage de son ministre de la Défense. Ce Fedorov, qu’il avait nommé en janvier, il l’encensait jusqu’à récemment encore pour avoir obtenu d’Elon Musk qu’il ferme l’accès à Starlink, son système de communication satellitaire, à l’armée russe, ce qui handicape ses drones à longue portée.

Mais ce qui valait une certaine popularité à ce ministre, jeune technocrate clamant sa volonté de réformer l’armée pour la rendre plus efficace, dressait contre lui l’état-major et son chef Syrsky, qu’il mettait en cause. Cela indisposait aussi Zelensky, qui voyait là un rival s’affirmer, alors même que la cote du président a baissé.

Affaibli par les affaires de corruption à répétition et son incapacité à emporter une victoire sans cesse promise, Zelensky voit son propre pouvoir fourmiller de rivaux. Et ceux-ci se positionnent auprès des États soutenant l’Ukraine, à l’instar de Fedorov qui déclare n’avoir fait que se conformer « aux exigences de l’OTAN et au bon sens ». Et pour prendre date, si jamais les parrains ouest-européens du régime de Zelensky venaient à vouloir le remplacer, Fedorov se présente comme adversaire de la corruption au sein de l’institution militaire, un phénomène tel que l’UE finit par s’en agacer.

Fedorov a aussi incité ses partisans à dénoncer dans la rue le chef d’état-major Syrsky, accusé de couvrir la corruption de la hiérarchie militaire et, de fait, Zelensky, qui le protégeait. Ces manifestations, qui même peu nombreuses viennent d’obliger Zelensky à évincer son chef des armées contesté, mettent à nouveau le président ukrainien au centre des questions de corruption. Comme il y a un an, lorsqu’il avait tenté, sans succès, de neutraliser les agences officielles anticorruption.

La presse ukrainienne signale que l’organisation des actuelles manifestations doit beaucoup à l’oligarque mafieux Kolomoïsky, le même qui avait propulsé Zelensky à la tête du pays, dans l’espoir d’y avoir un homme à sa botte. Le président ayant fini par l’envoyer en prison, il semble désormais miser sur Fedorov…

Face à ceux qui le contestent au sommet en cherchant des relais dans la rue, Zelensky a mobilisé les réseaux sociaux amis. Mais la polémique entre les uns et les autres fait qu’on assiste à un grand déballage où chaque coterie opposée apparaît trempant jusqu’aux oreilles dans d’énormes scandales d’argent.

Ainsi, a-t-on appris, le « réformateur » et « chevalier blanc » Fedorov est personnellement lié à Skyfall, le principal fabricant de drones en Ukraine, auquel son ministère passait systématiquement commande. Évidemment, cela s’opposait aux intérêts d’autres fabricants de drones, dont FirePoint, auquel sont liés Zelensky et son entourage ! Entre les clans en lutte au sommet du pouvoir, ce sont donc de très concrets règlements de comptes auxquels on assiste.

La presse française et européenne en général s’extasie sur « l’expertise » acquise par l’armée ukrainienne en matière de drones. Mais elle garde un silence remarquable sur les hauts faits en ce domaine des affairistes, bureaucrates et oligarques qui se disputent le pouvoir à Kiev. Non pas par ignorance, mais parce qu’il ne faudrait pas cracher dans la soupe guerrière que concoctent ces bons amis de l’UE, de l’OTAN et des grands groupes occidentaux.

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