Antoine Colin répond à nos 10 questions cash07/03/20262026Presse/static/common/img/contenu-min.jpg

Municipales 2026

Journal Sud-Ouest

Antoine Colin répond à nos 10 questions cash

Par Marine Allain - marine.larochelle@sudouest.fr
« Dictature », « chocolat » et « île déserte »… Antoine Colin, candidat pour les élections municipales de La Rochelle avec la liste Lutte ouvrière - Le Camp des travailleurs, a accepté de répondre à nos 10 questions cash

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Après trois défaites, cette fois-ci, c’est la bonne ? Vous êtes un peu notre Arlette Laguiller rochelaise !

C’est un très beau compliment, immérité car Arlette Laguiller a aussi été la dirigeante d’une grève d’ampleur dans son entreprise. Mais je suis fier de défendre des idées qu’elle a popularisées à la suite de générations de militants socialistes puis communistes. Brandir nos perspectives avec 50 colistiers dans une société où la conscience recule est déjà un succès.

À La Rochelle, cinq candidats sur sept se revendiquent de gauche ou de centre-gauche. On s’y perd un peu. Comment savoir quelle est la « vraie » gauche ?

Nous ne revendiquons pas cette étiquette : nous sommes communistes révolutionnaires et affirmons qu’il n’y aura pas de « bon gouvernement » de gauche dans le cadre de l’organisation capitaliste qui est la dictature économique de la grande bourgeoisie sur la société.

Avec autant de candidatures, la gauche ne s’y prendrait pas mieux pour diviser les voix. Est-ce une tactique pour ne pas être élu ?

Je les laisse répondre, mais je note qu’ils se présentent séparément alors qu’ils ont gouverné ensemble et mené la même politique antiouvrière. S’ils doivent perdre, ce sera d’abord le résultat de cette politique.

[…]

Vous expliquez vouloir défendre les « travailleurs ». Ça comprend-il les chefs d’entreprise du Medef ? Ils bossent aussi énormément.

Ils le pensent certainement ! Mais réfléchir à tirer plus de profit de ses salariés, à détruire leur santé par les cadences, n’est pas un travail productif. Si ces patrons transpirent parfois, c’est devant les yoyos des cours boursiers ! Quant à « défendre les travailleurs » : c’est par eux-mêmes qu’ils se défendront !

Vous militez pour une révolution et un changement de système dans son entièreté. Si vous remportez les municipales – et seulement les municipales –, pourrez-vous changer quelque chose à l’échelle locale ?

Un maire ou des élus Lutte ouvrière seront un soutien pour tous les travailleurs qui se battent contre l’exploitation, pour les locataires qui empêchent l’expulsion d’un voisin ou ceux qui s’opposent à l’expulsion d’un camarade immigré. Nous encouragerons toutes ces luttes et aiderons à ce qu’ils s’organisent.

Si vous deviez piquer une idée dans le programme d’un autre candidat rochelais, laquelle choisiriez-vous ?

Aucune ! Car je suis opposé à ces catalogues de promesses que tous les candidats déroulent. Ces promesses n’engagent que ceux qui y croient et je n’ai jamais cru aux miracles. D’autant que l’État se désengage des subventions aux communes pour consacrer ses aides aux marchands d’armes et autres capitalistes. Notre seule promesse est d’être un soutien aux luttes des travailleurs.

Si vous ne pouviez emporter qu’un seul objet sur une île déserte, choisiriez-vous « Le Capital » de Karl Marx ou votre tablette de chocolat noir 90 % que vous avez toujours sur vous ? « Sud Ouest » connaît votre plaisir coupable !

« Sud Ouest » est bien informé ! Karl Marx a fait sa thèse sur Épicure, pour qui le plaisir, en rien coupable, est atteint grâce à la compréhension du monde… Donc plus grâce au « Capital » qu’au chocolat ! Mais sur une île déserte, sans bourgeoisie et sans exploitation, « Le Capital » serait de peu d’utilité…

D’ailleurs, quel est votre livre de chevet ? Nous, on mise sur « Révolution », l’essai politique d’Emmanuel Macron sorti en 2016. Le nom doit vous inspirer !
Il faut se méfier des contrefaçons ! Parmi mes dernières lectures poignantes, « L’Enragé » de Sorj Chalandon, sur la révolte d’un bagne d’enfants – ceux que Macron et son ami Retailleau rêvent de rétablir – qui a inspiré un poème à Jacques Prévert, « Chasse à l’enfant ».

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