Municipales 2026
Municipales 2026.
Pour le candidat LO dieppois, « il faut que les travailleurs prennent le pouvoir »

Hugo Lomenède est tête de liste Lutte ouvrière pour les prochaines municipales à Dieppe. S’il souhaite pouvoir placer des élus dans l’instance communale, il sait qu’il n’accédera à l’écharpe de maire que dans un contexte de mobilisation nationale, voire internationale. Explications.
Votre objectif n’est pas de devenir maire : pourquoi être candidat ?
Hugo Lomenède : « Le but serait que les travailleurs prennent les choses en main, mettent le nez dans les affaires des communes, des entreprises… partout. Qu’ils puissent contrôler ce qui est fait de la richesse produite. Moi, je suis un porte-parole, un porte-voix. Pour l’instant, un objectif réaliste serait d’avoir au moins un élu, comme c’est déjà arrivé dans d’autres communes ou au Parlement européen : cela permettrait de faire passer nos idées, de faire entendre la voix des travailleurs. Il faut que les travailleurs prennent le pouvoir : même si je suis sincère, je ne connais pas la vie ni les besoins des gens et je ne peux pas décider pour eux. »
Si jamais vous étiez élu, comment réorganiseriez-vous une mairie telle que celle de Dieppe ?
« Si j’étais élu, ce serait dans un contexte de mobilisation, de grève, d’occupation d’usines ; une situation de bouleversement complet, au moins à l’échelle du pays voire plus largement. Je pense au Printemps arabe qui s’est propagé d’un pays à l’autre, à la révolte actuelle en Iran alors qu’auparavant c’était le Népal… Les crises économiques ont des impacts mondiaux et ne sont pas des phénomènes isolés, encore moins au niveau des communes. Alors si les travailleurs se mobilisent au point que les communes passent sous leur contrôle, il y aura déjà des organisations en AG dans les entreprises et toutes les instances : ce contexte puissant emporterait tout et ne s’arrêterait pas à une ville. Mais juin 36, ça a bien commencé quelque part. On quantifierait les besoins de la population, et on regarderait les moyens et force de travail nécessaires pour y arriver. Aujourd’hui, on travaille au moins huit heures par jour mais qu’est-ce qui est fait de la richesse produite, au regard des besoins de la population à part enrichir une minorité ? Sinon il n’y aurait pas de SDF, tout le monde pourrait payer ses factures, se soigner, faire des études, etc. »
Comment faites-vous campagne ?
« On est présents sur les marchés de Neuville et de Dieppe, où on distribue des tracts, on échange… On a commencé le porte-à-porte dès octobre, dans toutes les cités de Janval, Neuville, les Bruyères, la Ferme des hospices. Parmi les personnes qui nous ont ouvert – on a eu quelques refus mais rien de notable –, on a eu des discussions très intéressantes et on a pris les coordonnées d’une cinquantaine de personnes ; certains ont accepté de figurer sur notre liste. Nous tiendrons une réunion publique le 7 mars à 16 h à la Maison des associations. »
Quelles sont les doléances qui vous sont soumises lors du porte-à-porte ?
« Les gens nous ont dit que la situation se dégrade, que c’est de plus en plus difficile de joindre les deux bouts, avec aussi de nombreuses tracasseries administratives. On nous a aussi parlé de logement : on a rencontré des SDF, des gens qui sont hébergés et dépendent donc de relations affectives, familiales ou amicales, alors que cela devrait être un droit élémentaire. Certains logements ne sont pas adaptés à la taille des familles, ou à la mobilité des personnes âgées. Et puis il n’y a pas assez de logements, mais certains restent vides. Côté emploi, même ceux qui travaillent peuvent être dans des situations précaires : c’est pourquoi le mouvement des Gilets jaunes est né, mais il n’a pas passé le seuil des entreprises, ça a été sa limite. »
De quoi Dieppe et les Dieppois ont-ils besoin ?
« De la même chose que partout : des médecins, un boulot garanti, des salaires et des pensions qui suivent les prix comme c’était le cas jusqu’en 1983, d’écoles dont l’État ne se désengage pas pour rester ouvertes avec des effectifs moins importants par classe, etc. Mais on ne peut pas vraiment changer les choses quand on accompagne juste la dégradation. »
Qui voyez-vous président.e de la République en 2027 ?
« Nathalie Arthaud (porte-parole nationale de Lutte ouvrière, NDLR), ce qui voudrait dire qu’il y aurait de grandes mobilisations, de grandes grèves et que les travailleurs relèveraient la tête. Elle sera présente le 21 mars à la fête de LO à Oissel ! »
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