« À Cholet, il faudrait un comité de travailleurs, pas un maire »09/03/20262026Presse/medias/articlepresse/images/2026/03/E_Lebrun.jpeg.420x236_q85_box-0%2C0%2C629%2C354_crop_detail.jpg

Municipales 2026

Municipales 2026. Erwan Lebrun

« À Cholet, il faudrait un comité de travailleurs, pas un maire »

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Erwann Lebrun (Photo JOSSELIN CLAIR  Courrier de l'Ouest)

À la tête de la liste Lutte ouvrière, Erwan Lebrun, 51 ans, prend la suite de l’emblématique Robert Cerisier et veut toujours « faire entendre la voix des travailleurs » pour changer la société.

 Moi je fais campagne dans ma vie de tous les jours, assure Erwan Lebrun en préambule. À 51 ans, celui qui mène la liste Lutte ouvrière est Choletais depuis 2000. Il a rapidement travaillé chez Michelin où il est devenu délégué syndical CGT jusqu’à son départ en 2016. Son engagement n’a toutefois pas faibli et le militant a accompagné ses anciens collègues lors des mouvements de grève entourant la fermeture de l’usine de fabrication de pneumatiques en 2025. En couple et sans enfant, il est depuis 2017 bouquiniste ambulant à Chalonnes, Vihiers, Chemillé, Saint-Macaire, Toutlemonde, Cholet ou Clisson aux beaux jours.

Vous ne découvrez pas les élections municipales, vous étiez déjà présent sur les listes de Robert Cerisier en 2008, 2014 et 2020, mais cette fois vous êtes tête de liste. Qu’est-ce que ça change pour vous et qu’avez-vous appris de votre prédécesseur ?

Erwan Lebrun : « Ce qui change, surtout, c’est de discuter et de débattre encore davantage avec les gens. Je passe ma vie à ça en ce moment et c’est un vrai plaisir. Beaucoup se retrouvent dans cette liste Lutte ouvrière. Robert Cerisier m’a appris la lutte des classes, montré que nous, les travailleurs, sommes exploités et que si on souhaite quelque chose il faut s’organiser pour l’avoir. Il a développé ma conscience politique à un autre niveau. J’ai pris sa suite car Robert est âgé, parce que ce sont mes idées et que ça me plaît de le faire. »

Que propose justement Lutte ouvrière ?

« Faire bouger les choses ! Il faut un mouvement qui dise que cette société est en crise. Les patrons veulent sauvegarder leurs dividendes et le font payer aux travailleurs. Sortir de ce schéma passera par des mouvements d’ampleur. Les travailleurs ne se rendent plus compte qu’ils peuvent changer la société alors que ce sont eux qui font tout. La seule chose qu’ils ne font pas c’est décider. Pourtant, on doit en être capable si on veut améliorer notre sort dans la vie de tous les jours. Quand on fait ses courses, on ne mange pas ce qu’on a envie de manger mais en fonction de nos revenus. C’est toujours un problème de moyens. Les élèves du collège Joachim-du-Bellay se sont caillés à maximum 14 °C dans les salles de classe parce que les bâtiments ne sont pas entretenus et que l’argent part ailleurs 

(…)

Quelles sont les mesures phares que vous portez ?

« La mesure phrase que porte Lutte ouvrière, c’est l’interdiction des licenciements. Qu’est ce qui fait qu’on consomme, qu’on va au cinéma ? C’est le pognon à la fin du mois. Alors si on a plus de boulot on fait comment ? Avec les 271 milliards que l’État verse au CAC40 il y aurait de quoi financer des millions d’emplois. La deuxième mesure, c’est répartir le travail entre tous. On peut prendre un exemple tout bête : Michelin avait moins de pneus à produire donc ils ont concentré la production en fermant des sites. Ceux qui ont récupéré une partie du boulot supplémentaire bossent davantage et les autres, comme à Cholet, ne bossent plus. C’est de l’exploitation supplémentaire. Mais ce n’est pas moi maire de Cholet qui vais pouvoir changer les choses ! Et d’ailleurs ce n’est pas mon but d’être maire. À Cholet, il faudrait un comité de travailleurs pour décider de ce dont ils ont besoin, pas d’un maire. »

(…)

Droits de reproduction et de diffusion réservés © Le Courrier de l'Ouest - Victor Boutonnat

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