Colmar : Gilles Schaffar souhaite « utiliser l’argent public au bénéfice des travailleurs »03/03/20262026Presse/medias/articlepresse/images/2026/03/image_0000_01a458e978e6b14b0675c3de842ee9493953660d.jpg.420x236_q85_box-56%2C0%2C945%2C500_crop_detail.jpg

Municipales 2026

Colmar : Gilles Schaffar souhaite « utiliser l’argent public au bénéfice des travailleurs »

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Selon le candidat Lutte ouvrière, l’effort en matière de logements sociaux à Colmar est insuffisant. Photo Christelle Didierjean

Gilles Schaffar, 47 ans, enseignant en lycée professionnel en Allemagne, se présente pour la seconde fois aux municipales colmariennes sous la bannière Lutte ouvrière.

 Avec ses colistiers, il souhaite toujours que les « travailleurs » prennent le pouvoir au sein des conseils municipaux.

À combien d’élections a-t-il déjà participé ? Gilles Schaffar ne les compte plus, se souvenant juste qu’il était déjà présent sur une liste Lutte ouvrière en 1998 aux régionales dans le Bas-Rhin.

Cette campagne pour les municipales est sa deuxième comme tête de liste à Colmar, après celle de 2014. Et depuis tout ce temps, le discours n’a pas varié.

 Ce qui le fait inlassablement rempiler, scrutin après scrutin, c’est « la société capitaliste de plus en plus dure, de moins en moins vivable », dénonce l’enseignant en allemand.

Et selon lui, Colmar n’y échappe pas : « Le revenu médian est bas, ce n’est pas une ville riche. La majeure partie de la population est constituée d’ouvriers, de travailleurs. On voit l’état du bâti qui se détériore dans tous les quartiers, des logements dégradés qui abritent les populations à faibles revenus. »

Et les besoins sont loin d’être pris en compte selon le candidat : « Il est prévu actuellement de construire 450 logements, il en faudrait beaucoup plus. C’est le rôle du maire d’utiliser l’argent public à bon escient ».

Les finances seraient-elles mal gérées à Colmar, selon lui ?

 « C’est la bourgeoisie qui domine la société et de son point de vue, l’argent public est bien utilisé, mais ce n’est pas l’avis des travailleurs. »

Une révolution à mener

 Aux dires de Gilles Schaffar, qui prône toujours la lutte des classes, l’affrontement est inéluctable1.

 « À l’échelle d’une mairie, les élus pourraient déjà porter à la connaissance du public les décisions qui les concernent, afin qu’ils puissent organiser la lutte. Nous allons vers un affrontement entre les classes les plus riches et les travailleurs. Je suis communiste et je souhaite toujours la révolution, afin que la ville soit gérée directement par ses administrés. »

Ce point de vue lui interdit de facto toute perspective d’alliance avec un autre parti de gauche, LFI par exemple : « Eux veulent changer les choses de l’intérieur. Pour nous, le conseil municipal doit seulement servir à informer les ouvriers pour leur permettre de changer les choses. »

Exemple de décision municipale contestable aux yeux de Gilles Schaffar, « la cession d’un terrain pour l’extension de Liebherr1 dans la zone industrielle. Le terrain a été cédé 1,8M€. S’il avait été vendu au prix du marché, il aurait coûté plus de 5 millions d’euros. Je ne vois pas pourquoi les entreprises riches devraient payer moins cher que les citoyens. En général, ces entreprises suppriment plus d’emplois qu’elles n’en créent. Il n’empêche que le chômage de masse et la misère sont là. Avec 5,5 % de personnes sans emploi à Colmar, peut-on parler de chômage de masse ?

« Il faut voir ce qui se cache derrière les chiffres, répond le candidat du parti trotskiste, si l’on travaille une semaine par mois, cela ne suffit pas pour vivre correctement. »

 Taux de chômage : « Il faut voir ce qui se cache derrière les chiffres »

 Gilles Schaffar milite pour « investir massivement dans les écoles, les infrastructures de soin, avec des maisons de santé accessibles à tous. On nous dit que c’est une problématique de l’État, à nous de changer le rapport de force pour que les communes aient davantage de moyens ».

Il appelle enfin « les travailleurs » à s’opposer à la marche vers la guerre : « On nous dit qu’il faut sacrifier nos enfants pour notre pays, mais de quel pays parle-t-on ? Celui des grandes entreprises, des bourgeois, ou de ceux qui bossent pour s’en sortir ? »

Et de citer Anatole France : « On croit mourir pour la patrie, on meurt pour les industriels ».

 par Valerie Koelbel

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