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Municipales 2026
Beauvais (Oise)
Élections municipales à Beauvais : découvrez les mesures phares

Pour vous aider à faire votre choix, nous avons demandé à tous les candidats de se positionner sur des thèmes qui relèvent de la compétence de la commune et de l'agglomération : le logement, les transports, la sécurité, l'éducation, l'environnement, le sport et la culture.
Par Romane Idres et Stéphane Mazzorato (extraits)
Logement
Le logement dévore une part grandissante de nos salaires, que l’on soit locataire ou propriétaire d’un modeste pavillon. Le moindre accident de la vie, c’est la catastrophe. Comment payer les traites ou le loyer quand vous vous retrouvez au chômage après un licenciement comme chez Gima, ou suite à un accident ?
Les listes d’attente aux logements HLM sont interminables. En attente de logement plus grand, un des camarades de ma liste, à Saint Jean, dort avec sa femme dans son salon. Moi-même, retraitée de la Poste, je n’ai même pas accès à la liste d’attente. Une famille de sept personnes, faute de place en HLM, vit dans le privé, mais dans une véritable passoire thermique, un gouffre à finances !
Quant au parc locatif existant, c’est la catastrophe. Les locataires de la rue du Maine, ont attendu deux ans dans le froid, avec des factures d’électricité affolantes, que l’Opac achève les travaux de réhabilitation de leurs immeubles. Tour A13, à la ZUP, les locataires ont passé l’hiver sans eau chaude. On leur a dit «J’ai bien pensé à vous à Noël». Ce n’est que parce qu’ils se sont mobilisés que l’eau chaude est revenue !
Il faudrait construire massivement pour régler les problèmes de logement. Les maires n’en ont ni le pouvoir, ni les finances. Mais les élus au conseil municipal gardent leur droit d’alerte. Et je compte bien l’exercer, encourager les habitants à se regrouper, à porter leurs exigences le plus fort possible ! C’est cela le programme de la liste que je conduis!
Transports
Que nous prenions le train, le bus, la voiture, la trottinette, le vélo, nous, les travailleurs, nous n’avons pas le choix pour aller au boulot pour faire nos courses. Ce n’est pas par plaisir ni par conviction écolo que ma voisine loue une trottinette pour faire ses tournées d’aide à domicile à travers tout Beauvais. C’est faute de moyens. Même chose pour une camarade de ma liste qui allait au boulot à France Glaces en mobylette, par tous les temps, le matin à 5h ou le soir à 21H, pour Boris, ripeur, qui se levait à 3h du matin pour rejoindre à pied son poste de ripeur chaque matin. Ce n’est pas par passion automobile que tel autre va au travail en voiture à Méru. Et les milliers d’habitants de Beauvais qui sortent exténués du train chaque soir se passeraient bien de cette épreuve quotidienne, aggravée à chacune des nombreuses pannes essentiellement dues au manque d’entretien et de personnel à la SNCF ! Et la future privatisation de la ligne Paris-Beauvais ne va pas arranger les choses !
Alors, bien sûr, je ne m’opposerai certainement pas que soient sécurisées les pistes cyclables, notamment aux grands carrefours comme celui du Franc-Marché. Mais nous, notre liste, sommes avant tout pour que les familles ouvrières puissent se déplacer normalement pour aller faire leurs courses ou aller au travail.
Sécurité
Une étude effectuée en 2021 auprès de 2 000 municipalités, commanditée par la gendarmerie elle-même, concluait : du point de vue du nombre des affaires de police résolues, aucune différence n’avait été notée entre les communes équipées de vidéosurveillance et celles qui ne l’étaient pas.
Qui paye ces dispositifs ? Évidemment les municipalités, donc les contribuables. Et il ne s’agit pas de sommes dérisoires. Ca se compte en centaines de milliers d’euros, voire en millions d’euros. Cela fait bien sûr les affaires des lobbies de la vidéosurveillance qui, élections municipales obligent, ont même sorti un livre blanc pour les futurs maires où ils expliquent comment répondre aux questions sur le coût.
Cet argent serait bien mieux utilisé en embauchant du personnel , de prévention, du personnel éducatif, en réimplantant les services sociaux qui ont disparu C’est en tout cas la position que je défends.
Éducation
Faire garder ses enfants, c’est une galère. Les aides familiales sont payées au lance-pierre. Il y a 9 crèches à Beauvais, il en faudrait bien plus pour satisfaire tous les besoins. En fait, il faudrait un véritable service public de la petite enfance. Tous les services publics se dégradent, La pouponnière départementale de la ZUP, qui dépendait de l’ARS, de plus de 80 lits a été fermée, laissant sur le carreau la grande majorité des agents de service et des auxiliaires de puériculture. Qu’on ne nous dise pas qu’il n’y a pas d’argent. On en trouve pour refaire tous les dix ans le centre-ville, on est prêt à en dépenser pour une halle couverte, ou, paraît-il pour relier la ville à l’aéroport par tram, ou encore pour accueillir Amazon, et il n’y en aurait pas pour financer une dizaine de crèches ? Là aussi, ce serait la moindre des choses que les comptes de la ville soient réellement accessibles à la population. Les mères de famille savent gérer leur budget, elles sauraient, collectivement, éplucher celui de la ville et n’auraient pas besoin d’attendre des années pour découvrir, dans ce budget de près de 100 millions, les primes aberrantes des plus haut fonctionnaires ou les balades en voiture avec chauffeur de certaines élues !
Alors oui, la garde des bambins, c’est un véritable problème et d’abord pour les jeunes femmes! J’en profite pour appeler à rejoindre la manifestation organisée à Creil dimanche 8 mars, 11 h pour la journée internationale de lutte pour les droits des femmes.
Environnement
On va arriver à la 30ème conférence mondiale sur le changement climatique, la COP 30, sans avoir obtenu le moindre résultat. Comment un élu municipal, ou même un maire, pourrait-il faire mieux ? Alors oui, une mairie peut promouvoir le vélo, végétaliser la ville. Mais elle n’a pas le pouvoir d’empêcher Spontex de polluer, Agco de produire des engins agricoles fonctionnant au gas-oil, les avions de Ryanair de cramer du kérosène, Amazon à Beauvais et Action à Saint Crépin-Ibouvillers de fonctionner avec des norias de camions ! Et encore faudrait-il le vouloir, ce qui n’est pas le cas des édiles actuels, tous aux petits soins pour ces capitalistes mondiaux sous prétexte qu’ils seraient pourvoyeurs d’emplois !
Enfin, prétendre lutter contre le changement climatique sans remettre en cause la première cause, catastrophique, de pollution que sont la production d’armes et les guerres c’est au mieux faire pipi dans un violon (ou dans sa douche), au pire mentir hypocritement et cyniquement.
Sport et culture
Les ambitions de la liste « Lutte ouvrière – Le camp des travailleurs » ne se distinguent pas de celles des habitants de Saint Jean, de la ZUP Argentine, de la Soie Vauban et des autres quartiers ouvriers de cette ville dont nous faisons partie. A eux de dire leurs projets, à eux de dire leurs rêves ! Et ensemble, battons-nous contre cette société où seul compte le profit pour construire une société dont la finalité sera la culture, la musique, le sport et la solidarité.
Et en tant qu’élue, ma porte sera grande ouverte pour tous ceux qui veulent collectivement s’engager pour améliorer le sort des travailleurs ; Mon ambition, c’est que l’hôtel de ville devienne la Maison des Travailleurs, avec leurs associations culturelles, sportives, écologiques, de solidarité, et leurs syndicats. Cela fut le cas des premières municipalités socialistes puis communistes. Mon ambition, c’est que la classe ouvrière renoue avec ce passé-là !
Carte blanche
1. Pendant que nous nous occupons d’élire nos maires, L’Iran est sous les bombardements israéliens et américains. En représailles, l’Iran frappe Israël et les monarchies du Golfe, Dubaï, l’Arabie saoudite, Bahreïn, le Qatar. Le Sud Liban et Beyrouth sont bombardés par Israël… Ceux qui bombardent les peuples ne sont jamais des libérateurs. Les États-Unis ne l’ont été ni en Irak, ni en Afghanistan, ni en Syrie. L’armée française ne l’a été ni en Libye ni au Mali. Leur but n’a jamais été de défendre les peuples mais de les soumettre à leurs intérêts par les armes. On nous précipite vers la guerre généralisée parce que partout, dans tous les pays, ceux qui dirigent sont aveuglés par l’accumulation insensée de richesses et la course aux profits. Il s’agit toujours de défendre les intérêts particuliers de vautours qui n’ont jamais fait qu’exploiter et piétiner les travailleurs !
2. Je suis particulièrement scandalisée par le sort fait aux migrants dans cette ville. Bien sûr que nous aurions largement de quoi les accueillir, et bien sûr que les services publics manquent de bras et qu’ils pourraient tous être très utiles. !
On me dira que cela dépasse le rôle d’une élue municipale ? Non ! Dans ce domaine comme dans bien d ‘autres, je suis une lanceuse d’alerte auprès du camp des travailleurs ; je l’étais avant les élections, je le resterai après, élue ou pas !
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