Élections municipales à Saint-Quentin : découvrez les mesures phares...10/03/20262026Presse/medias/articlepresse/images/2026/03/57593955.jpeg.420x236_q85_box-207%2C2%2C856%2C366_crop_detail.jpg

Article de presse

Saint-Quentin (Aisne)

Élections municipales à Saint-Quentin : découvrez les mesures phares...

Illustration - Élections municipales à Saint-Quentin : découvrez les mesures phares...

À Saint-Quentin, cinq candidates s'affronteront dans la course à la mairie à l'occasion du premier tour des Municipales 2026, dimanche 15 mars. Nous les avons interrogées sur leur projet pour la ville. Voici leurs réponses, à découvrir et comparer.

Écrit par Romane Idres et Stéphane Mazzorato (extraits, réponses de Anne Zanditénas)

Nous avons interrogé chaque candidate sur les thèmes suivants : logement, transports, sécurité, éducation, environnement, sport et culture. En fin de questionnaire, nous leur avons proposé une "carte blanche", pour préciser un sujet qui leur est cher. Nous reproduisons ci-dessous les réponses (...)

Sur le logement
Sur Saint-Quentin, en comparaison aux grandes villes, les loyers peuvent paraître raisonnables mais ils restent très chers pour ceux dont les revenus sont autour du Smic voire moins. L’APL permet finalement à des multi-propriétaires de s’assurer des revenus sans trop de risques d’impayés mais avec peu d’obligation. De nombreux logements du parc privé sont insalubres ou à la limite de l’être. Des maisons sont découpées en chambres de 9 m² louées jusqu’à 400 euros.

Bien d’autres sont des passoires énergétiques imposant des factures d’énergie énormes. Sur la ville, des travaux d’amélioration dans les logements sociaux ont été ouverts et c’est tant mieux mais rappelons que ce sont essentiellement les locataires qui les payent. Les sociétés Partenord et Clésence affirment que la facture énergétique baissera. En 2024, les charges avaient explosé. Dans l’immédiat, certains ont très chaud et d’autres constamment froid. Les temps d’attente pour les réparations du chauffage, des ascenseurs ou des éléments intérieurs sont souvent longs faute de personnel. Les locataires doivent se regrouper pour faire entendre leur voix. En tant que militante et à fortiori élue, j’aurai à cœur de renforcer la lutte collective des locataires du public et du privé pour qu’aucun ne soit seul face à ces sociétés devenues des mastodontes ou des propriétaires indélicats car chacun peut le constater la loi ne suffit pas à assurer des conditions décentes de logement.

Sur les transports

Pour beaucoup de salariés, la voiture est quasi obligatoire pour travailler. De nombreux travailleurs témoignent de la première question qui leur est posée dans les boites d’intérim : « Avez-vous le permis et la voiture ? ». Elles veulent des salariés prêts à être envoyés partout quels que soient l’heure et le lieu avec des horaires parfois très élastiques. Il y a suffisamment de gens qui cherchent un emploi pour que les employeurs puissent imposer cette condition. La Ville et Agglomération a mis en place un service pour ceux qui n’ont pas de bus à l’heure où ils travaillent mais il vaut mieux s’y prendre à l’avance car les places sont peu nombreuses.

Les transports en commun sont le plus souvent utilisés par ceux qui ne peuvent pas faire autrement. La gratuité augmenterait la fréquentation. La question posée est celle du financement alors que les subventions aux mairies et agglomérations sont fortement en baisse depuis plusieurs années.

Sécurité

Les témoignages montrent que la vidéo surveillance empêche les vols ou les agressions de façon marginale. C’est le moyen des municipalités pour prétendre assurer la sécurité tout en ne déployant pas trop de personnel.

Augmenter la vidéo surveillance ne résoudra ni ces dérives liées à l’argent de la drogue, ni les addictions de ceux qui les consomment. Par contre elle place la population sous surveillance permanente. Bien sûr, nous pouvons nous dire que celui qui ne commet pas de méfait ne peut pas être gêné par cette surveillance mais nous ne savons pas quel régime nous attend avec la guerre qui menace et l’autoritarisme grandissant. Cette surveillance n’aura peut-être plus comme objectif de traquer la délinquance mais plutôt tous ceux qui chercheront à s’opposer à l’exploitation et la guerre. Et celle-ci vient de connaître une nouvelle étape avec deux conflits supplémentaires dont celui contre l’Iran des États-Unis et ses alliés.

Éducation

Toutes les mesures qui favorisent le bien-être des tout-petits sont utiles : les crèches, les lieux d’échange entre les parents, entre les nounous. Cette période étant cruciale pour les enfants.

Le développement de crèches privées pour faire face au manque de place a montré comment même la petite enfance peut devenir un moyen de faire de l’argent pour des groupes capitalistes au détriment des soins apportés et des personnels. Les affaires qui frappent ces structures au même titre que les maisons de retraite condamnent le système capitaliste et sa course au profit.

Une société sans inégalité sociale aurait à cœur d’embaucher le nombre de professionnels nécessaires car la petite enfance serait une priorité et non une affaire lucrative.

Lorsque le chef d’état major de l’armée française explique qu’il faut nous préparer à sacrifier nos enfants, l’éducation n’est vraiment pas la priorité du gouvernement ou alors avec l’objectif que nos enfants soient prêts à être de la chair à canon.

Environnement

Dans notre ville entourée de champs, difficile d’échapper aux produits phytosanitaires dangereux pour la santé animale et humaine. Malgré les études sur l’impact de ces produits, ces derniers sont toujours utilisés massivement. Les plus petits agriculteurs, sont étranglés d’un côté par le coût de tous ces produits et de l’autre par les industriels et les grands distributeurs.

Les agriculteurs ont bien du mal à se passer des produits phytosanitaires pour éviter des mauvaises récoltes mais même cela ne garantit même pas aux exploitants leur survie. Cette année, la très bonne récolte de betteraves sucrières dans la région et dans le monde aurait dû permettre aux planteurs de s’y retrouver mais du fait de l’abondance de la production, les prix ont baissé !

Et puis les intérêts des plus gros, des capitalistes de l’agriculture, ne sont pas les mêmes que ceux des petites exploitations comme l’a montré la décision du gouvernement d’imposer les abattages systématiques de troupeaux. Une telle mesure était indispensable à ceux qui travaillent pour l’exportation.

Le gouvernement désormais revient en arrière soi disant pour sauver l’agriculture en ré-autorisant les produits les plus dangereux qu’il avait fini par interdire. Pour prendre des mesures pour l’environnement, il faudrait commencer par exproprier les grands groupes capitalistes et planifier l’économie. La concurrence commerciale nous mène tout droit à la guerre. Face à cela, quelle mesure peut être efficace ?

Sport et culture

Le sport et la culture devraient être un formidable moyen d’émancipation, de fraternité et de lutte contre le racisme, d’acceptation de la différence. Pour les plus jeunes, la pratique sportive et culturelle est indispensable, elle fait partie de la formation des enfants et des jeunes pour devenir des adultes responsables, curieux... Elle doit être financée. Au lieu de cela, les compétitions sportives sont des occasions de débordements racistes, de déploiements des idées nationalistes. La culture véhicule en grande partie les valeurs de notre société basée sur l’argent et le pouvoir.

Ces activités sont mises au service d’une politique de domination de la bourgeoisie. Œuvrons à en faire, autant que possible dans une société capitaliste un moyen de mieux comprendre la société pour en combattre les fondements.

Carte blanche

Le chômage pèse lourdement sur toute la population. Il pèse sur les salaires, permet d’imposer des temps partiels non choisis. Même l’État, les collectivités, la ville et des associations dans le service à la personne en profitent pour faire des contrats de quelques heures par semaine.

C’est un parcours du combattant d’obtenir l’embauche en CDI ou d’être titularisé à l’hôpital, les territoriaux et dans l’Éducation nationale. Il manque du personnel dans de nombreux services utiles et indispensables à la population.

Dans le privé, les licenciements continuent. Quatre ans après la fermeture de l’entreprise Maggi (Nestlé), l’entreprise CPF de Nestlé et Général Mills, a été revendue à une société qui incite au départ de 80 personnes. En quelques années, plusieurs centaines d’emplois ont disparu remplacés par quelques entreprises plus ou moins viables et beaucoup plus petites.

La politique des collectivités consiste à verser de l’argent aux entreprises, à leur livrer des zones viabilisées souvent à fonds perdu, ces entreprises pouvant fermer quelques années après s’être installées. Il faudrait embaucher massivement quitte à partager le travail entre tous sans baisse de salaire dans les entreprises privées. Et les collectivités devraient arrêter d’externaliser.

Il y a de quoi être révolté : l’argent généré par le travail collectif de la population est accaparé par des patrons. Élus, nous ferions tout pour aider les salariés à s’organiser contre les méfaits patronaux.

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