Entretiens avec les candidats aux municipales de Lyon06/03/20262026Presse/medias/articlepresse/images/2026/03/lyon-80485-5192e553-effb-43a6-ba76-5496094166b9.JPG1771841523254.jpg.420x236_q85_box-54%2C285%2C1396%2C1039_crop_detail.jpg

Municipales 2026

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Entretiens avec les candidats aux municipales de Lyon

Illustration - Entretiens avec les candidats aux municipales de Lyon

Entretiens / Politique culturelle, priorités, première action : Le Petit Bulletin est allé à la rencontre des candidats aux élections municipales de Lyon qui auront lieu les 15 et 22 mars prochains.

Delphine Briday (Lutte ouvrière) 

Infirmière au sein des Hospices Civils de Lyon (HCL) à la Croix-Rousse, Delphine Briday milite depuis de nombreuses années dans les rangs de Lutte ouvrière dont elle est devenue une figure locale récurrente. Candidate dans la 4e circonscription du Rhône lors des législatives anticipées de 2024, elle a pris la tête de sa liste pour les élections municipales lyonnaises.

Quelle serait votre première action ?

DB : Je donnerais la parole aux travailleurs municipaux. Ce sont eux qui savent où manquent les effectifs et comment améliorer les services. Dans les hôpitaux, nous savons combien de postes seraient nécessaires pour soigner correctement. Dans les écoles, les crèches ou les services techniques, c'est la même chose, ce sont celle et ceux qui font le travail qui connaissent les besoins réels. Il faudrait aussi poser la question du partage du travail. Répartir les tâches permettrait de lutter contre le chômage et de réduire l'épuisement. Quand on enchaîne les journées de douze heures, on n'a ni le temps ni l'énergie pour participer à la vie démocratique. Redonner du temps, c'est redonner la possibilité de s'impliquer.

Quelles sont vos priorités ?

DB : Je suis candidate, mais je suis d'abord soignante. À l'hôpital, je vois ce que signifient les restrictions budgétaires : des équipes épuisées, des lits fermés, des patientes et patients pris en charge dans l'urgence permanente. Si je me présente, c'est pour que cette réalité sociale soit au cœur du débat.

La question centrale reste celle des salaires. Beaucoup travaillent à temps plein et peinent pourtant à vivre correctement. À Lyon, le logement est devenu inaccessible pour nombre de travailleuses et de travailleurs, contraints de s'éloigner toujours davantage. Avant de multiplier les projets d'aménagement, il faudrait permettre à ceux qui font fonctionner la ville d'y habiter dignement. Il existe des logements vacants alors que des familles sont menacées d'expulsion. Une municipalité pourrait refuser d'accompagner ces expulsions et utiliser les moyens légaux pour réquisitionner. 

La liberté d'expression artistique est primordiale.

Quelles sont vos ambitions en matière de politique culturelle ?

DB : Je ne place pas la culture au-dessus de la santé ou du logement, mais je ne la considère pas comme secondaire. Dans les musées, des salles ferment faute de remplacements. Dans le spectacle, les professionnels dénoncent régulièrement les baisses de budget. Ce sont des travailleurs comme les autres, souvent précarisés.

La culture doit être un moyen de s'exprimer et de réfléchir à l'histoire, aux sciences, au système économique dans lequel on vit. La liberté d'expression artistique est primordiale. L'accès à la culture n'est pas seulement une question de tarifs réduits, c'est une question sociale.

Quand on est destiné dès l'enfance à devenir ouvrières et ouvriers, on nous apprend souvent à exécuter plutôt qu'à penser. Je pense au contraire que les travailleurs ont des idées et qu'ils seraient capables d'organiser la société dans un intérêt collectif. L'éducation culturelle à l'école fait partie de cet enjeu.

Vous répétez que les décisions essentielles se prennent à l'échelle de l'État et que les maires ne votent ni les budgets hospitaliers ni les grandes orientations économiques. Votre programme n'est-il pas, dès lors, davantage national que municipal ?

DB : Je dis simplement la réalité. Les budgets hospitaliers ne sont pas votés à Lyon, pas plus que les grandes orientations économiques. On peut vouloir bien faire à l'échelle municipale, mais les décisions essentielles restent prises ailleurs. C'est un fait. Cela ne rend pas l'élection inutile. Une campagne est un moment pour exprimer des préoccupations et pour dire d'où viennent les problèmes. Le logement inaccessible, les services publics qui se dégradent, les conditions de travail qui se durcissent ne sont pas des questions purement locales.

Nous ne prétendons pas tout régler depuis une mairie. Nous disons que si l'on veut 'attaquer au fond du problème, il faut remettre en cause le système économique et les intérêts des grandes entreprises, car tant que le pouvoir économique restera concentré entre les mains des grands groupes, les marges locales resteront limitées.

 

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