Municipales 2026
Mulhouse
Salah Keltoumi (Lutte Ouvrière) veut utiliser les élections pour promouvoir le parti des travailleurs

Salah Keltoumi portera pour la première fois la liste de Lutte ouvrière aux élections municipales de mars prochain à Mulhouse.
Le but, utiliser la campagne électorale comme une tribune pour contri- buer à « faire connaître le parti des travailleurs » qui « lutte contre le système ».
Salah Keltoumi a 57 ans, et il est engagé auprès de Lutte ouvrière depuis ses 20 ans.
Depuis, il s’est régulièrement présenté à diverses élections en région parisienne puis à Strasbourg et désormais à Mulhouse, notamment aux dernières législatives .
Mais c’est la première fois qu’il conduira la liste LO pour les municipales à Mulhouse, avec Nathalie Mulot , qui sera, elle, une nouvelle fois sur la liste.
« Rendre la parole aux travailleurs »
Des scrutins qu’il voit comme « un tremplin pour faire connaître Lutte ouvrière », et un engagement qu’il justifie comme « un moyen de construire le parti des travailleurs .
Car ça se fait à tous les niveaux, dans les entreprises, mais aussi dans les villes, les quartiers, pendant ces campagnes.
Pour lui, « les travailleurs ont peu le droit à la parole. Et on ne peut pas compter sur les partis et les institutions traditionnels pour porter leur voix.»
À Mulhouse, comme ailleurs, « est-ce qu’on demande aux habitants avant de faire des travaux ? Alors la maire avance de bonnes raisons, comme désengorger les rues, mais on en engorge d’autres. Les politiques pensent savoir mieux que les autres », dit-il en énumérant les sujets qui préoccupent vraiment les habitants : « L’emploi, les salaires, l’insalubrité des logements, ça c’est important. Au lieu de ça, ici, on fait des travaux d’esthétique qui ne vont pas changer la vie des gens. Et tout ça, avec des moyens qui diminuent et la nécessité d’augmenter les impôts pour s’en sortir. »
« Aider ceux qui en ont le plus besoin »
Pour Salah Keltoumi, « un maire devrait aider les travailleurs qui perdent leur travail, ceux dont les salaires sont les plus bas, les conditions de travail les plus difficiles. Mais c’est l’inverse, avec des cures d’austérité. »
Le militant considère que les maires sont « des courroies de transmission de ce qui se passe au niveau de l’état. Le problème, c’est que les fonds vont ailleurs, aux grandes entreprises, aux banques, pas pour les hôpitaux, les urgences, créer de l’emploi… L’argent existe, c’est une question de choix politiques globaux que les maires ne dénoncent pas car ils sont dans un système. Comme tous les partis, qui doivent composer avec le système mais ne veulent pas le renverser. »
Selon lui, c’est pour cela que les gens se disent « à quoi ça sert d’aller voter ? Seulement pour des promesses ? Aucun maire n’a de solution, aucun candidat, ni de droite, ni de gauche. Ils gèrent la misère. Car la solution est collective, internationale. Il faut se battre contre les fermetures d’usines, contre le capitalisme, contre ce qui divise la société, le nationalisme, le racisme, les inégalités femmes-hommes, et qui l’affaiblit », avance-t-il pour expliquer le choix de Lutte ouvrière « d’une guerre sociale et économique. Pour l’émancipation de tous. »
La campagne des municipales mulhousienne sera donc pour lui une nouvelle fenêtre de tir pour convaincre le plus grand nombre.
par Michele Marchetti
Droits de reproduction et de diffusion réservés © Dernières Nouvelles d'Alsace