MUNICIPALES : «Il ne faut pas laisser le terrain à la bourgeoisie ennemie», clame Claire Rocher09/03/20262026Presse/medias/articlepresse/images/2026/03/claire-rocher-porte-parole-de-lutte-ouvriere-en-cote-d-or-et-candidate-aux-legislatives-dans-la-deuxieme-circonscription-photo-stephane-rak-1718810988.jpg.420x236_q85_box-56%2C0%2C944%2C500_crop_detail.jpg

Municipales 2026

MUNICIPALES : «Il ne faut pas laisser le terrain à la bourgeoisie ennemie», clame Claire Rocher

Illustration - MUNICIPALES : «Il ne faut pas laisser le terrain à la bourgeoisie ennemie», clame Claire Rocher

Les militants côte-d'oriens de Lutte ouvrière tenaient un meeting, ce vendredi 6 mars, à Dijon. Dénonçant la guerre en Iran, la candidate trotskiste a assuré que «la solution, c'est les travailleurs».
  
«L'engrenage guerrier est en place et personne ne peut dire jusqu'où cela ira.» La majeure partie du meeting organisé par Lutte ouvrière, ce vendredi 6 mars 2026, à Dijon, a été consacrée à dénoncer la guerre en général et le conflit en cours autour de l'Iran en particulier.

Dans le cellier de Clairvaux, dont l'accès était rendu difficile par des travaux de rénovation, la réunion rassemblait près de 80 personnes, venues de toute la Côte-d'Or pour écouter les candidats des listes Lutte ouvrière, le camp des travailleurs : Patrick Berthelot qui se présente à Quetigny, Fabienne Delorme à Chenôve, François Petet à Montbard, Claire Rocher à Dijon et Julien Thévenin à Talant.

À Dijon, en particulier, Claire Rocher avait rassemblé 1,54% des suffrages exprimés en 2014 puis 1,20% en 2020.

Citoyenneté, logement, emploi...

La réunion débute par la présentation des différents candidats et leurs témoignages des dire des habitants au gré des échanges de campagne. Tous soulignent les professions de leurs colistiers, largement issus des métiers de l'industrie, du bâtiment ainsi que des services à la personne et de l'accompagnement des soins.
 

Dans l'ensemble, les militants d'extrême-gauche regrettent que les ressortissants extra-européens ne puissent se présenter et voter aux municipales. Ils relaient les préoccupations concernant l'état des logements sociaux dans les quartiers populaires, les fermetures d'usines ou les conditions de travail des personnels.

Les municipales, un «ron-ron électoral»

Qualifiant les municipales de «ron-ron électoral», Claire Rocher généralise aussitôt son propos. D'inspiration marxiste et anti-stalinien, se revendiquant de Léon Trotski, le parti Lutte ouvrière prône la lutte des classes pour mettre fin au système capitaliste par une révolution afin d'aboutir à une économie communiste à l'échelle mondiale. 

Selon la militante trotskiste, cela commence par une auto-organisation des différentes catégories d'employés ou de demandeurs d'emploi permettant d'opposer ainsi les «travailleurs» à la «classe dirigeante». L'oratrice n'aura de cesse de le rappeler durant son discours d'une quinzaine de minutes.

«Donald Trump a l'accord de la classe dirigeante américaine»

«Le feu embrase la moitié du monde», dramatise Claire Rocher. En particulier, «les États-Unis et Israël viennent de déclencher, en Iran, une guerre aux conséquences incalculables». «Certes le dictateur Khamenei est mort mais il est difficile de se poser en libérateurs des peuples après de tels actes. (…) Les États-Unis veulent en Iran un régime à leur botte qui accepte leur domination.»
 

«Pourquoi cette guerre ? (…) Une puissance comme l'Iran n'a pas exactement les moyens de produire une bombe atomique en série», assure la militante anticapitaliste qui ne croit pas aux arguments de l'administration de Donald Trump ou du gouvernement de Benyamin Netanyahou. 

Si «[Donald Trump] a l'accord de l'état-major des armées, des grandes entreprises, de la classe dirigeante américaine», «tout n'est pas stable et serein dans l'avenir de la plus grand puissance de ce monde» en raison de l'inflation, du déploiement des cryptomonnaies et de l'intelligence artificielle et «la détérioration du niveau de vie des classes populaires». 

«Face à la montée de la Chine ou de l'Inde ou face à la Russie, il fallait que les États-Unis réaffirment leur domination», analyse Claire Rocher qui s'attend à d'autres guerres à venir, voire à une «troisième guerre mondiale» pouvant «mettre en jeu l'avenir» de l'espèce humaine voire de la planète. «Les guerres ont pour but la domination d'une classe sociale, celle qui a remporté la direction de la société sur l'aristocratie, une classe sociale qui s'appelle la bourgeoisie.»

Si le président américain est le plus cible du discours, Vladimir Poutine est, lui aussi, vilipendé car «les Russes sont victimes de la folie de puissance de leur dirigeant».

Une «marche à la guerre» dont «le rythme s'accélère»

«Les dirigeants européens, dont les Français, s'engagent dans des opérations soi-disant défensives mais on sait bien ce que cela veut dire surtout quand ils augmentent en même temps le nombre d'ogives nucléaires et de 36 milliards [d'euros] le budgétaire militaire français», développe-t-elle.

L'Ukraine, Gaza, le Congo, le Soudan, l'Iran... Claire Rocher voit là «une marche à la guerre» dont «le rythme s'accélère». «On nous entraîne vers une guerre généralisée.»

«Le CHU [Dijon Bourgogne] envisage de construire un centre médical avancé à la base aérienne de Longvic pour trier les blessés de guerre», déclare l'infirmière de profession.

Claire Rocher s'attend à voir «surgir une avant-garde nouvelle et consciente»

«Ce qui est désagréable dans ces élections, c'est que tous les politiciens quels qu'ils soient font semblant de ne pas le voir parce qu'ils sont d'accord avec cette classe capitaliste», martèle la militante trotskiste, «notre société est belle et bien dirigée en classes». «Il y a les classes dirigeantes et ceux qui les soutiennent dans l'espoir d'avoir quelques miettes du gâteau et il y a les autres, et les autres, c'est nous, les petites gens, ceux qui travaillent et ceux qui n'ont pas voix au chapitre.»

Considérant que «les classes opprimées» vont être victimes des «efforts de guerre», Claire Rocher établit un lien avec les fermetures d'entreprises et plans de licenciement localement : Treta Pak, Valti, Géant Casino, Jtekt, SEB...

(...)

«On a toujours tendance à attendre que les solutions viennent d'en haut, biens pur il faut protester mais il y a un tas de problèmes concrets qu'on pourrait régler nous-mêmes», réagit Claire Rocher qui appelle à «s'organiser telle une armée» face à la «classe capitaliste». «Il ne faut pas laisser le terrain à la bourgeoisie ennemie.»

«La solution, c'est les travailleurs», insiste la candidate tandis qu'au gré des échanges pointe une certaine nostalgie de la façon dont le mouvement ouvrier des années 1920 est encore perçu.

La réunion s'est terminée par le chant de «L'Internationale», le poing dressé, puis par la distribution des affiches auprès des différentes équipes de campagne.

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