Nicole Friess, le combat chevillé au corps03/03/20262026Presse/medias/articlepresse/images/2026/03/image_0019_ca853b5cdddc6a5860a9c22dd7e3f3f5519ee107.jpeg.420x236_q85_box-0%2C19%2C1600%2C918_crop_detail.jpg

Municipales 2026

Nicole Friess, le combat chevillé au corps

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Cela fait 50 ans que je marche dans les rues de Besançon. Ça ne fait pas peur aux patrons. Ils auront peur le jour où, dans les entreprises, le pognon ne rentrera plus », livre Nicole Friess. hoto Franck Hakmoun

À l’occasion des élections municipales les 15 et 22 mars prochains, L’Est Républicain partage un petit-déjeuner avec les têtes de liste à Besançon. Cinquième rendez-vous avec la candidate de Lutte ouvrière (LO), qui évoque ses années de militantisme et son envie de renverser le système capitaliste.

C’est par de plates excuses que commence ce tête-à-tête avec la tête de liste Lutte ouvrière (LO) Nicole Friess, après une mauvaise orthographe de son nom de famille. « C’est Friess. F.R.I.E.S.S. C’est d’origine alsacienne. »

D’où le lieu choisi pour ce rendez-vous, le café L’Alsacien, au 2 du quai Vauban ? « Non, même pas. J’aime bien ce café. Ils sont très sympas et c’est vivant. Sinon, je ne fréquente pas les cafés. »

S’il y a une candidate aux élections municipales bisontines dont on ne peut douter de la sincérité, tant dans son engagement que dans ses propos, c’est bien Nicole Friess. « J’ai connu les camarades de LO en 1972. À l’époque, ne pas faire de politique, c’était ringard. »

Quatre années après Mai-68 - « j’avais 15 ans, je ne l’ai pas vécu » -, la France se découvre un nouveau climat.

 « Il y a eu un souffle de liberté et de conscience politique. Je suis issue de cette génération-là. J’ai rencontré des camarades de Lutte ouvrière avec une politique qui m’allait bien, même si j’étais apolitique à l’époque. Je ne les ai pas quittés depuis. »

Non seulement Nicole Friess est restée fidèle à ses premiers amours politiques, mais elle n’a jamais hésité à se mettre en action pour défendre ses idéaux. « Ma première campagne électorale, c’est en 1974, quand il a fallu chercher des parrainages pour la candidature d’Arlette Laguiller à l’élection présidentielle. Avec ma 2 CV et un camarade, on allait voir les maires. »

Le problème lorsque l’on milite à Lutte ouvrière, c’est que l’on ne connaît jamais le bonheur politique.

Y compris en 1981, avec l’arrivée de François Mitterrand (PS) à l’Élysée. Qui a quand même fait naître l’espoir d’un monde meilleur chez les militants de gauche ? « Non, non. Nous n’avons pas bu le champagne. Arlette Laguiller était la seule à dénoncer le passé d’extrême droite de Mitterrand. »

La victoire de François Hollande (PS) en 2012 ne lui donnera pas non plus l’envie de se réjouir de voir la gauche à la tête du pays. « Hollande qui disait que son ennemi était la finance… Ce sont des clowns, des carriéristes. Tous ces gens-là, ils trahissent les travailleurs. » «

Quand il y a des grèves, on est heureux »

L’engagement de Nicole Friess , il est là. Au plus près des travailleurs. Au cœur des combats pour un monde meilleur.

« Quand il y a des grèves, on est heureux car on défend des idées, des points de vue, des revendications. Je n’en ai pas vécu beaucoup parce qu’il n’y en a pas eu beaucoup. 1995, cela nous a fait du bien . Il y a eu beaucoup d’espoir. »

Un espoir resté vain. « Il faut aller au-delà des manifestations. Il faut être plus fort que ça. Il faut que les travailleurs se réunissent, s’organisent. Moi, cela fait 50 ans que je marche dans les rues de Besançon. Ça ne fait pas peur aux patrons. Ils auront peur le jour où, dans les entreprises, le pognon ne rentrera plus. Pour ça, il faut une grève qui aille jusqu’au bout. Avec des comités de grève, avec des travailleurs qui décident de leur mouvement. »

Nicole Friess ne sera pas élue maire le 22 mars prochain. Elle le sait, et l’essentiel est ailleurs. Quitte à se faire railler par certains de ses opposants pour son absence de programme dans la capitale comtoise pour le scrutin des 15 et 22 mars prochains.

« Nous ne voulons pas entretenir l’illusion que Besançon pourrait être une petite bulle où l’on vit bien, où c’est arboré, indépendamment du reste du monde. On ne peut pas faire de promesses que l’on ne tiendra pas. 

» « Ni Dieu, ni maître »

L’objectif de sa candidature : « Élever la conscience des travailleurs en leur disant qu’il n’y a pas d’illusion dans les élections. Il ne faut pas y croire. Il ne faut compter que sur nous. »

Et sur cette envie de voir les lignes bouger. Pour de bon. « Il faut dire la vérité. Il faut dire que tout sera un combat. Il faudra mener ce combat. Ce vote, c’est un vote de colère mais aussi de conscience. Nous sommes communistes, révolutionnaires et internationalistes. Ni Dieu, ni maître, ni tribun disait l’Internationale. Cela n’a pas changé. »

Que manque-t-il aujourd’hui pour que les travailleurs s’unissent avec l’ambition de faire tomber le système capitaliste ?

« La goutte d’eau qui va faire déborder le vase. Nous ne savons pas du tout ce qui mettra le feu aux poudres. Notre responsabilité, c’est de proposer une politique quand les travailleurs se battront. Nous, c’est un vote de classe, un vote conscient que l’on propose aux travailleurs. » 

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